Author: Autre Presse

Guinée: Mamadi Doumbouya assure qu’il «ne confisquera pas le pouvoir»

La Guinée, qui est engagée dans une transition militaire, a célébré ce samedi 1er octobre les 64 ans de son indépendance. Il s’agit d’un anniversaire placé par les autorités sous le signe du pardon et de la réconciliation de ses fils. C’est le souhait du colonel Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir le 5 septembre 2021 suite au coup d’État qui a renversé l’ancien président Alpha Condé.

Dans une allocution d’une vingtaine de minutes, le colonel Mamadi Doumbouya a appelé ses compatriotes à saisir sa main tendue pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

« La situation qui prévalait en Guinée avant le 5 septembre 2021 était devenue insupportable pour l’ensemble des populations, a-t-il déclaré. La situation de notre pays était caractérisée par la corruption généralisée, la dilapidation des données publiques, la politisation des services publics, le laisser aller dans l’administration, la baisse du niveau du système éducatif et sanitaire, une pauvreté endémique, l’accaparement des richesses par une minorité d’individus, ainsi que le communautarisme exacerbé. »

Rectification institutionnelle

Lors de cette allocution, le colonel Mamadi Doumbouya a estimé que « ces maux qui ont fini par vider » la Guinée « de toutes ses substances créatrices. D’où la rectification institutionnelle en cours. » « Je voudrais de nouveau rassurer nos compatriotes, et les amis de la Guinée, que les forces de défense et de sécurité, et l’ensemble des membres du gouvernement n’ont aucune intention de confisquer le pouvoir. Ils sont plutôt déterminés à œuvrer pour un retour à l’ordre constitutionnel tout en évitant les erreurs du passé, car l’histoire de notre pays nous enseigne qu’une transition bâclée débouche inévitablement sur une nouvelle transition », a-t-il dit. 

Par RFI

CAN 2025 : LA GUINÉE SE VOIT RETIRER L’ORGANISATION PAR LA CONFÉDÉRATION AFRICAINE DE FOOTBALL

COUPE D’AFRIQUE DES NATIONS – Le président de la Confédération africaine de football (CAF) Patrice Motsepe a annoncé vendredi soir à Conakry le retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations en 2025 à la Guinée parce que les infrastructures ne sont pas prêtes. Patrice Motsepe a indiqué devant la presse que la CAF allait rouvrir l’appel à candidatures pour l’accueil de la compétition.

La Guinée n’accueillera pas la CAN 2025. Patrice Motsepe, le président de la CAF, a annoncé vendredi soir à Conakry le retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations à la Guinée parce que les infrastructures ne sont pas prêtes.

Patrice Motsepe a indiqué devant la presse que la CAF allait rouvrir l’appel à candidatures pour l’accueil de la compétition continentale en 2025. “Demain, on demandera à la CAF de recevoir de nouvelles candidatures parce qu’en l’état actuel, les infrastructures et les équipements ne sont pas adaptés ou prêts pour que la CAF puisse accueillir (la CAN) en 2025 en Guinée“, a-t-il déclaré. La Confédération réunit samedi son comité exécutif.

Patrice Motsepe a précisé que la décision de la CAF remontait en fait à juillet. “La CAN 2025, qui avait été attribuée à la Guinée, nous ne sommes pas prêts (à l’accueillir) pour le moment en Guinée, et il nous faut rouvrir ce processus“, a-t-il conclu.

Par EUROSPORT

CAN 2025. L’Algérie se déclare candidate pour remplacer la Guinée et organiser la compétition

Le président de la Fédération algérienne de football a fait savoir samedi 1er octobre son intention de déposer une candidature auprès de la Confédération africaine de football, afin d’obtenir l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations 2025, en remplacement de la Guinée, qui l’a perdue quelques jours plus tôt.

L’Algérie sera candidate à l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2025 à la place de la Guinée, a annoncé samedi 1er octobre le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Zefizef Djahid.

La Confédération africaine de football (CAF) avait annoncé vendredi avoir retiré l’organisation de la CAN en 2025 à la Guinée, qui n’est pas prête.

« L’Algérie sera candidate pour accueillir la CAN 2025 », a annoncé M. Djahid qui s’exprimait lors du tirage au sort samedi du septième championnat d’Afrique des nations à Alger.

« Aucun pays ne sera favorisé »

Lors d’une conférence de presse tenue à la même occasion, le Sud-Africain Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (CAF), a indiqué qu’« une dizaine de pays » étaient intéressés pour remplacer la Guinée.

« Je peux vous assurer que nous n’allons pas choisir un pays qui n’est pas au niveau requis pour satisfaire à nos critères », a-t-il dit, sans toutefois nommer ces pays. Le Maroc, le Nigeria et le Sénégal pourraient également faire partie de cette liste.

La CAF a réuni samedi à Alger son comité exécutif qui a commencé à recevoir les nouvelles candidatures pour la CAN 2025. Un responsable de la fédération marocaine a fait savoir samedi que son pays « envisage » d’être candidat.

« Aucun pays ne sera favorisé », pour organiser la CAN, a toutefois affirmé M. Motsepe.

Par OuestFrance

Guinée : ETI SA confie la transformation numérique de son réseau à Alepo

Selon l’ARPT, le taux de pénétration de l’Internet en Guinée était de 52,9 % au premier trimestre 2022. Cela veut dire que près de la moitié de la population n’a pas accès aux services Internet.

En réponse à la demande croissante de services de données en Guinée, le fournisseur d’accès Internet (FAI) guinéen ETI SA a confié la transformation numérique de son réseau à Alepo. La société spécialisée en habilitation numérique déploiera sa solution « Digital BSS (Business Support System) » pour moderniser les services FTTH (fibre jusqu’au domicile) existants du FAI et lui fournir un support pour le lancement futur de son réseau fixe LTE.

La nouvelle solution vient remplacer l’ancien BSS d’ETI. Elle fournira une plateforme de facturation unifiée pour tous les services prépayés et postpayés d’ETI. La plateforme d’Alepo prendra également en charge les services de données et de voix pour le futur réseau fixe LTE de l’opérateur, pour lequel ce dernier a récemment acquis une licence auprès du gouvernement guinéen.

« Nous envisageons de lancer notre réseau LTE, mais nous voulions également moderniser nos offres existantes pour répondre rapidement à la demande de nos clients pour des services de données avancés et innovants », a déclaré Latif Taleb, président et fondateur d’ETI.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la forte demande en connectivité à haut débit en Guinée. Selon l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT), le pays comptait 6,9 millions d’abonnements à l’Internet mobile au premier trimestre 2022. Du côté des FAI, ETI domine le marché avec 35 % de parts.

Le déploiement de la solution « Digital BSS » d’Alepo devrait permettre à ETI « de moderniser l’expérience de ses clients avec des offres améliorées, tout en monétisant mieux son réseau », selon Derrick Gross, président-directeur général d’Alepo.

Par Agence Ecofin

FÊTE DE L’INDÉPENDANCE EN GUINÉE: LE ROI MOHAMMED VI FÉLICITE LE PRÉSIDENT DE LA TRANSITION

Le roi Mohammed VI a adressé un message de félicitations au président de la Transition en Guinée, chef de l’État, le colonel Mamadi Doumbouya, à l’occasion de l’anniversaire de l’Indépendance de son pays.

Dans ce message, le Souverain exprime ses sincères félicitations au président de la Transition en Guinée et ses vœux de prospérité au peuple guinéen.

«Très attaché aux profondes relations d’amitié et de solidarité entretenues avec la République de Guinée, le Royaume du Maroc est déterminé à œuvrer à leur raffermissement dans tous les domaines d’intérêt commun, pour le bien de nos deux peuples et de notre Continent», écrit le Roi dans ce message.

Par Le360 (avec MAP)

Guinée : 13 ans jour pour jour après les crimes, le procès du massacre du 28 septembre 2009 s’ouvre enfin

Conakry, Paris, le 28 septembre 2022. Le procès historique a été renvoyé au mardi 4 octobre 2022. La défense invoque une transmission tardive des pièces du dossier.

La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), l’Organisation guinéenne des droits de l’homme et du citoyen (OGDH) et l’Association de victimes parents et amies des événements du 28 septembre 2009 (Avipa) saluent l’ouverture du procès du massacre du 28 septembre 2009 et exhortent les autorités guinéennes à mener un procès équitable, impartial et transparent, respectueux des droits de toutes les parties.

«  L’ouverture de ce procès emblématique marque une étape historique dans la lutte contre l’impunité en Guinée », a déclaré M. Souleymane Bah, président de l’OGDH. « Nous espérons que ce procès permettra de démontrer la capacité des juridictions nationales à connaître de crimes de masse, à rendre aux victimes leur dignité et à leur proposer une réparation adéquate.  »

Le 28 septembre 2009, lors d’une manifestation menée contre le projet du chef de la junte militaire Moussa Dadis Camara de se présenter aux élections présidentielles, environ 50 000 personnes se sont regroupées au stade de Conakry. Cette manifestation a été durement réprimée par l’armée causant plus de 150 mort·es, des centaines de blessé·es, de nombreuses victimes de crimes sexuels et de disparitions forcées.

Constituées parties civiles depuis mai 2010 aux cotés des victimes, la FIDH, son organisation membre en Guinée, l’OGDH et l’AVIPA ont permis aux victimes d’être accompagnées tout au long des cinq années de la procédure d’instruction et de contribuer à l’inculpation de 13 individus.

Pour Maître Drissa Traoré, secrétaire général de la FIDH, président d’honneur du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) : « Après de nombreux appels infructueux quant à la tenue de ce procès, nous nous réjouissons aujourd’hui de son ouverture effective. Nous rappelons aux autorités judiciaires guinéennes à prendre en compte les recommandations formulées par les parties civiles. »

En ce jour de commémoration de cet anniversaire, la présence en grand nombre des victimes au tribunal, celle des parties, dont l’ex chef de la junte Moussa Dadis Camara, ainsi que celle du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Karim Khan, et de Pramila Patten, représentante spéciale des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, témoigne des enjeux liés à la lutte contre l’impunité en Guinée, et donne l’espoir a priori du bon déroulé de la procédure.

«  Les récentes décisions prises par les autorités nous donnent beaucoup d’espoir quant à la tenue d’un procès équitable, impartial et transparent, respectueux des droits de toutes les parties  », a précisé Mme Asmaou Diallo, présidente de l’Avipa« Nous espérons à terme, que les victimes pourront obtenir justice et réparation. »

La FIDH et ses organisations membres et partenaires rappellent toutefois que si l’ouverture du procès marque une étape importante dans le processus d’obtention de réparation pour les victimes, le chemin vers la justice reste toutefois tributaire du respect des règles de procédure permettant le bon déroulé du procès.

par FIDH

Fana, une femelle chimpanzé de 71 ans, est décédée en Guinée. Elle était la représentante de son espèce plus âgée du pays.

Fana, la plus vieille chimpanzé de Guinée et l’un des derniers membres d’un groupe emblématique menacé, s’est éteinte dans la solitude à l’âge approximatif de 71 ans, a annoncé le ministère de l’Environnement.

Fana était née vers 1951 dans la jungle de Bossou, l’un des premiers lieux où a été établi scientifiquement l’emploi d’outils par les chimpanzés, des pierres faisant marteau et enclume pour casser les noix de palme.

Avec la disparition de Fana, les chimpanzés de Bossou ne sont plus que six ou sept, pour moitié des femelles dont deux ne sont plus capables de se reproduire. Leurs congénères sont plus nombreux ailleurs dans la réserve du Mont Nimba (où se trouve Bossou), à cheval entre Côte d’Ivoire et Guinée et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en raison de l’originalité et la diversité de sa flore et de sa faune.

Le suivi des derniers mois montrait que Fana était fatiguée, dit le ministère de l’Environnement sur Facebook. Paralysée du membre supérieur gauche après une chute dans les branches il y a près de 25 ans, elle ne grimpait plus dans les arbres depuis longtemps. De moins en moins capable de se déplacer, elle vivait solitaire.

Son corps sans vie a été découvert le 19 septembre dans la forêt sacrée du Mont Gban.

Elle a été inhumée le 20 septembre en présence de la communauté humaine de Bossou. Des photos publiées par le site d’information Guinéenews montrent deux hommes la porter en terre dans un linge blanc, entourés de gardes forestiers et d’autres témoins.

Les grands singes et les hommes de Bossou sont connus pour avoir une relation exceptionnelle: les chimpanzés vivent à l’état sauvage, mais depuis des générations partagent le territoire et la ressource avec les hommes. Ces derniers les considèrent comme la réincarnation de leurs ancêtres et les protègent de la destruction.

Jusqu’en 2003, le groupe de Bossou a été relativement stable autour de 21 individus. Mais il a a perdu cette année-là sept membres de la grippe.

Il souffre aussi de l’activité des hommes. Les populations locales vivent traditionnellement de l’agriculture itinérante sur brûlis. Bossou a préservé un bloc forestier de 320 hectares, mais la déforestation alentour a coupé Bossou du reste des chimpanzés sur les pentes du Mont Nimba.

Fana laisse derrière elle deux mâles, Foaf et Fanwa. Une fille, Fotayou, est décédée.

Par Geo.fr

Les États-Unis approuvent les sanctions contre la Guinée

Plus d’une semaine après la décision des dirigeants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) d’adopter des sanctions progressives contre les militaires au pouvoir en Guinée, les USA ont dans un tweet ce mercredi dit leur soutien à cette mesure.

Les États-Unis soutiennent la décision de la CEDEAO d’imposer des sanctions économiques à la Guinée et exhortent le gouvernement de transition à mettre en place un processus transparent et consultatif permettant à la Guinée d’aller vers une démocratie constitutionnelle menée par des civils peut-on lire sur le twitter des USA en Français. Un communiqué qui a part la suite été repris par l’ambassade des USA en Guinée. Pour sa part, la présidence de la Guinée n’avait pas réagi dans l’immédiat.

Dans leur communiqué, les leaders ouest-africains avaient donné un mois aux militaires pour renoncer à leur projet de gouverner encore trois ans, et accepter un délai “raisonnable et acceptable” pour céder la place. À défaut, la CEDEAO, qui a dit antérieurement pouvoir se satisfaire d’une période transitoire de deux ans, adoptera des “sanctions plus sévères” que celles annoncées le jour même.

En attendant, l’organe communautaire a décidé de suspendre toute assistance et transaction financière de ses institutions financières avec la Guinée. L’application de ces mesures depuis n’est pas claire. Dans un apparent signe de fermeté, des listes de travail des sanctionnés ont circulé, comprenant le colonel Doumbouya, une volée de colonels, le Premier ministre Bernard Goumou, une flopée de membres du cabinet et des responsables du conseil tenant lieu de Parlement, installé comme le gouvernement par la junte.

par AfricaNews

En Guinée, un danger venu du ciel: la menace des balles perdues

En Guinée, les quartiers de l’Axe ont manifesté plusieurs fois depuis le mois de juin. Dans certaines zones, les habitants ont fait état de l’utilisation d’armes à feu par les forces de sécurité. Elles se livreraient notamment à des tirs de sommation.

De notre correspondant à Conakry, 

Les témoignages se multiplient depuis cet été, depuis les premiers appels à manifester lancés par le FNDC. « Ça s’est passé un samedi soir, vers 17h » en plein mois de juillet, raconte Amadou, 27 ans, qui était en train de se reposer dans sa chambre, à Bambeto. « J’ai senti un choc à côté de mon pied. Ça m’a réveillé. J’ai alors vu la balle. » Voilà ce qui l’a réveillé.

Amadou tient dans la paume de sa main l’ogive pointue d’une balle de kalachnikov. Après avoir traversé la tôle et le faux-plafond en contre-plaqué, elle est tombée sur sa couverture. « C’est Dieu seulement qui m’a sauvé, parce que si la balle m’avait touché, je ne sais pas ce qu’elle m’aurait fait », ajoute le jeune homme. Il ne se sent plus en sécurité chez lui, les jours de manifestations. « Quand ça commence à tirer, je sors, je vais là où il n’y a pas de grève. »  

À quelques centaines de mètres, une concession donne directement sur l’Axe. Mohamed rentrait du travail le 7 septembre. Il était en train de garer sa voiture quand soudain… « J’ai entendu un bruit. J’ai décidé de descendre du véhicule pour constater les dégâtsAu départ, j’ai cru que c’était une pierre, comme il y avait des enfants qui manifestaient au niveau de la route. Je suis descendu et c’est là que j’ai été étonné de découvrir un impact. »

La balle s’est plantée dans la portière côté conducteur. Il n’en revient toujours pas. « Depuis ce jour-là, je la garde dans ma voiture parce que ça pouvait être la fin pour moi. Si j’étais descendu un peu avant, la balle me tombait sur la tête. »

Le ministère de la Sécurité assure que les armes à feu ne sont pas autorisées pour le maintien de l’ordre en Guinée. Pourtant, chaque manifestation ou presque donne lieu à des affaires de balles perdues. « Ils tirent des balles de sommation et puis elles retombent sur les gens. Ceux qui manifestent et ceux qui ne manifestent pas, c’est la même chose. Une balle peut te trouver chez toi. Donc que tu sortes ou pas, c’est la même chose. »  

Le 5 septembre dernier, des manifestations éclatent pour le premier anniversaire du coup d’État de Mamadi Doumbouya. Un jeune homme est réveillé en sursaut quartier Tannerie. Une balle s’est logée dans son cou après avoir percé le toit en tôle de la concession où il dormait. Depuis le mois de juin, le FNDC estime que neuf personnes, au moins, sont mortes dans des opérations des forces de sécurité liées à des manifestations.

par RFI

Guinée : treize ans après, le procès du massacre du stade de Conakry

L’ancien chef de la junte et dix autres accusés devraient être jugés pour les exactions du 28 septembre 2009.

En exil depuis 2009, l’ancien chef de la junte militaire, Moussa Dadis Camara, est de retour en Guinée pour répondre devant un tribunal de sa responsabilité présumée dans le massacre du 28 septembre 2009 dans le stade de Conakry, la capitale guinéenne. Un procès inédit dans un pays marqué par des régimes autoritaires et des années d’impunité.

Un procès historique


Il aura fallu du temps, de la détermination et des pressions internationales pour que les responsables du massacre soient emmenés à rendre des comptes. Onze personnalités gouvernementales et militaires de haut rang vont être jugées. A leur tête, l’homme qui dirigeait le pays en 2009, le capitaine Moussa Dadis Camara. Du jamais vu en Guinée où l’impunité est érigée en “institution”, selon la commission internationale qui a enquêté sur cette tuerie de masse.

L’ouverture de ce procès permettra aux victimes de faire un pas important vers une justice dont elles ont grandement besoin après les crimes horribles commis dans le stadeElise Keppler, directrice adjointe du programme Justice internationale à Human Rights Watch

HRW

Que s’était-il passé? 

Des dizaines de milliers de Guinéens s’étaient rassemblés pacifiquement le 28 septembre 2009 au stade de Conakry pour dissuader le chef de la junte militaire guinéenne au pouvoir de se présenter à l’élection présidentielle. La manifestation interdite par le capitaine Dadis Camara a été brutalement réprimée par ses hommes. Ils sont entrés dans l’enceinte, ont bouclé les accès et ouvert le feu sans discrimination sur la foule. Tirs à bout portant, coups de machette, viols collectifs…Une violence inouïe qui a fait au moins 156 morts et des milliers de blessés. Les exactions sont constitutives de crimes contre l’humanité selon un rapport de la Commission d’enquête internationale. 

Une pression internationale  

La Cour pénale internationale (CPI) a suivi cette affaire depuis le début. Mais cette juridiction n’intervient que lorsque les tribunaux nationaux sont incapables ou ne souhaitent pas enquêter sur des crimes graves et poursuivre leurs auteurs. Sous pression, la Guinée s’était officiellement engagée à le faire. Une très longue enquête a été menée mais le procès a été plusieurs fois reporté. 

En juillet dernier, le chef de la junte actuelle, Mamady Doumbouya, a annoncé que le procès s’ouvrirait avant la commémoration du massacre en 2022. Les associations des victimes redoutent un nouveau report après treize ans d’attente. “Nous espérons avoir une justice claire, transparente pas (une) parodie de justice”, a affirmé à l’AFP Asmaou Diallo, présidente de l’Association des victimes, parents et amis du 28-Septembre.

franceinfo Afrique avec AFP