En Guinée-Conakry, la crise scolaire continue

En Guinée, à la suite du report des élections législatives et du référendum sur la nouvelle Constitution, décidé par le président Alpha Condé, le pays continue de tourner au ralenti. Exemple de cette paralysie : les grèves qui affectent les écoles publiques du pays. Depuis début janvier, les enseignants réclament une hausse de leur salaire, sans obtenir gain de cause. Résultat : les élèves prennent du retard sur leur programme scolaire.

Avec notre correspondante à Conakry, Bineta Diagne

Il est 10h, et plusieurs dizaines d’enfants vêtus de blouses beiges sortent joyeusement de leur école. Ce matin, un seul professeur a fait le déplacement pour assurer son cours. « On a étudié jusqu’à 10h, et puis on nous a laissés repartir à la maison, explique Mamadi, 10 ans. Maintenant, je vais jouer au ballon. »

De retour à la maison, ces élèves tuent le temps. Ils jouent, mais n’étudient pas. Cette situation agace plusieurs parents d’élèves, inquiets par les retards accusés par leurs enfants, à l’image d’El Hadj Ibrahima Diallo. Trois de ses enfants souffrent de ces grèves. « Depuis tout ce temps, ils sont à la maison, ils apprennent un peu à lire. J’ai peur que les enfants échouent. S’ils n’étudient pas, comment vont-ils s’en sortir ? »

De leur côté, les enseignants réclament plus de moyens et une hausse de leur salaire. Moustapha Soumah, enseignant dans un lycée. « Les enseignants vivent avec un salaire [qui leur permet de vivre] deux semaines. C’est très difficile de vivre de son salaire. Et à l’école, on manque de matériel didactique. Chacun se débrouille à sa manière pour apporter le minimum aux élèves. »

Avec le report des élections, les autorités ont demandé aux enseignants de retourner dans les écoles. Mais le bras de fer continue : les syndicats ont reconduit le mot d’ordre de grève de manière illimitée.

 

Par RFI