Guinée: le bilan des heurts communautaires dépasse les 20 morts

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Les violences intercommunautaires du week-end dernier à Macenta, dans le sud de la Guinée, ont fait « plus de vingt mors », a affirmé mardi un élu local, le gouverneur de la région ayant reconnu que le bilan de onze morts avancé jusqu’ici avait « évolué » à la hausse. Macenta, en Guinée forestière, a été le théâtre samedi de violences entre membres des communautés Tomas, généralement animistes, et Tomas Mania, généralement musulmans, qui se sont poursuivies dimanche malgré l’arrivée de renforts venus des villes voisines de Gueckédou et N’Zérékoré.

« Il y a officiellement onze morts, mais moi je vous dis qu’il y a plus de morts morts », a déclaré mardi à l’AFP un élu de Macenta, joint par téléphone.

Selon cet élu ayant requis l’anonymat, « 17 corps qui ont pu être identifiés ont été acheminés à la morgue de l’hôpital de N’Zérékoré », à 115 km plus au sud. Mais il faut également compter ceux qui ont été « soit inhumés sur place, soit jetés en brousse, soit encore dans des puits », a-t-il affirmé.

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Le gouverneur de Guinée forestière, Mohamed Gharé, avait indiqué dimanche qu’il y avait « 11 corps recensés à la morgue » de Macenta. Réinterrogé mardi, il a affirmé que ce bilan avait « évolué » à la hausse, sans plus de détails.

Le directeur de l’hôpital de Macenta, le docteur Kaba Condé, qui avait annoncé un bilan d’au moins six morts, a confirmé mardi que des corps avaient bien été acheminés à Nzérékoré, faute de place dans sa chambre froide. Il n’a pas souhaité indiquer leur nombre, expliquant avoir « informé sa hiérarchie ».

Un habitant de Macenta, Siba Onivogui, a dit à l’AFP avoir « perdu deux frères », dont un reste introuvable. « On nous a dit qu’il a été découpé et jeté dans une fosse septique, mais nous espérons toujours qu’il fait partie de ceux qui se sont réfugiés dans les villages environnants », a-t-il expliqué.

Les communautés Toma et Toma Mania, qui cohabitent depuis plusieurs siècles, « se disputent très souvent la paternité de la ville (de Macenta) et chacune clame haut et fort qu’elle est la première à s’y (être) installée », selon un responsable administratif.

Les violences sont nées d’un projet d’inauguration d’une nouvelle résidence du patriarche des Tomas et son intronisation prochaine à Macenta, auxquels s’opposent les Tomas Mania, selon des sources locales.

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