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Suite de notre série consacrée à l’économie guinéenne à l’approche de l’élection présidentielle du 18 octobre prochain. En Guinée la plateforme « eTax » vient d’être lancée pour dématérialiser le paiement des impôts et faciliter les démarches des contribuables. Objectif principal : lutter contre la corruption mais aussi élargir et sécuriser l’assiette fiscale. Conakry emboîte ainsi le pas à de nombreux pays du continent qui ont déjà digitaliser leur administration fiscale pour améliorer le climat des affaires, mais beaucoup reste à faire.

N’aura-t-on bientôt plus besoin de se déplacer pour payer ses impôts en Guinée ? Oui, répond le ministre du Budget Ismael Dioubaté : « C’est pour permettre au contribuable de télédéclarer leurs obligations fiscales en ligne, sans se déplacer, sans aucun contact avec les agents des impôts. Cela permet de lutter contre la corruption, car il n’y a rien à négocier. »

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Lors de sa prise de fonction, le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, avait promis de faire de la lutte contre la corruption sa priorité. « Un agent des impôts gagne autour de 230 euros par mois hors primes et avantages et ne dispose pas de régime spécial comme dans d’autres pays, souligne un économiste. »

L’administration fiscale est perçue comme l’une des plus corrompue du pays selon un sondage afro baromètre de juin 2020. La nouvelle est donc accueillie avec soulagement par Madani Dia, secrétaire exécutif de la plateforme de concertation du secteur privé : « Vous avez des fois des entreprises qui ont des sommes à payer dont on ne sait pas d’où elles sortent. Cela crée stress et perte de temps, et franchement, savoir que l’on peut déclarer ses impôts en ligne sans passer par qui que ce soit et en le faisant en ligne que les entrepreneurs vont pousser des “ouf” de soulagement. »

Mais le défi est de taille dans une économie majoritairement dominée par le secteur informel.et où le taux d’alphabétisation reste très faible, avertit Mamoudou Touré, économiste et consultant : « Il faudra faire en sorte qu’il n’y ait pas d’intermédiaires entre cette plateforme et les agents, de telle sorte que l’on minimisera les coûts. » En français facile, des gens qui vont proposer aux commerçants de déclarer pour eux moyennant paiement; « C’est justement l’appréhension que l’on peut avoir. »

Reste ensuite à élargir et sécuriser l’assiette fiscale. Avec un taux de pression fiscal entre 11,5 et 13,5% selon les sources, la Guinée est à la traîne dans la région.

Et puis à clarifier et rationaliser le système fiscal jugé difficilement compréhensible voire opaque, en raison de ses nombreux particularismes par certains observateurs.

Par RFI

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