Justice : qui en veut à l’éminent magistrat Pierre Lamah ?

Pierre Lamah, président du tribunal de commerce de conakry

Le président du Tribunal de Commerce est un magistrat connu pour sa parfaite maîtrise du domaine de la justice, sa franchise, son talent incontestable, son dévouement au travail et surtout sa bonne gestion de la chose publique. Pierre Lamah, puisqu’il s’agit de lui, a un parcours hors pair. C’est un magistrat intègre et incorruptible.

Issu d’une famille noble, venant de Gbouo (un village de N’Zérékoré) et bénéficiant d’une bonne assise économique, Pierre Lamah a bénéficié de la confiance de l’ancien président Alpha Condé qui l’a nommé en 2019, président du Tribunal de Commerce pour la première fois en Guinée.

Après y avoir passé un an, marqué par une gestion crédible, Pierre Lamah est l’architecte de gigantesques réformes engagées sur place. Un mérite récompensé à juste titre par le Professeur Alpha Condé qui n’a pas hésité à le confirmer dans son poste pendant que certains de ses collègues ont été mutés.

Après le coup d’Etat du 5 septembre, le magistrat Pierre Lamah, président de la commission nationale de l’OHADA, en même temps président du Tribunal de commerce de Conakry, a encore gagné la confiance des nouvelles autorités qui l’ont confirmé en décembre 2021 à ce poste, peu après une inspection générale.

Pourquoi cherche-t-on des poux sur un crâne rasé ? L’ancien maitre de stage de l’actuel ministre de la justice, apprend-on, est-il victime de sa rigueur, de son intégrité dans son travail ?

Je me rappelle de cet éminent magistrat qui avait dénoncé les manquements de certains juges dans l’exercice de leurs fonctions lors de la première rencontre avec les nouvelles autorités. Ce jour, Pierre Lamah n’a pas fait dans la langue de bois devant le Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition : « nous magistrats, par endroits, nous avons démissionné. Nous avons failli à notre devoir. Honnêtement, les magistrats ont failli à leur devoir d’impartialité, d’indépendance et d’intégrité. On n’est pas indépendants. Comment voulez-vous qu’on soit indépendants si des magistrats font de la politique ?’ », s’interrogeait-il avant de répondre, « Ce n’est pas possible. C’est vrai, il y a des interférences, il y en a eu toujours et il y en aura toujours. Quand il y a une interférence, le juge ne doit pas être quelqu’un qui a la peur au ventre. Parce qu’il ne doit obéir qu’à la loi ».

Quel courage pour ce jeune magistrat ? Comme on aime à le dire, quand on maitrise parfaitement son sujet, rien ne pourra nous effrayer. Mais depuis ce jour, des clans maléfiques se dressent contre lui.

Oui, Pierre Lamah, pur croyant catholique, baptisé et confirmé, a la parfaite maitrise de son travail. Je n’en ai aucun doute puisqu’il a fait ses preuves en Guinée et partout dans le monde. Connaissant l’homme pour son honnêteté et son intégrité, le président du tribunal de commerce ne peut en aucun cas détourner un centime du contribuable.

Pour la course au Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), l’enfant prodige de Gbouo, toujours victime de son honnêteté, sa sincérité et sa rigueur dans le travail, a été malheureusement « trahi » par certains de ses pairs dans l’élection des membres de cette instance. Une situation floue qui avait indigné plus d’un.

Au moment des faits, l’ex ministre de la justice, maitre Moriba Alain Koné, avait également condamné. « Conseil Supérieur de la Magistrature : que s’est-il réellement passé pour écarter le juge Pierre Lamah au profit de Ibrahima Sory 1 Tounkara ? », avait titré le site mosaiqueguinee.

Dans les lignes de cet article, l’éminent magistrat était pourtant « dans la course pour cette élection, 13 postes étaient à pourvoir. Si pour les 12 autres postes, la convoitise était plus ou moins rude, la candidature pour le poste réservé au Président du Tribunal de première instance Dixinn, désigné par ses pairs, s’annonçait davantage gagner par Monsieur Pierre LAMAH, Président du Tribunal de Commerce de Conakry… »

Mais contre toute attente, le mercredi 9 mars 2022, jour de l’élection, des membres du CSM, l’ex Chef de Cabinet du Ministère de la Justice et des droits de l’Homme avait arrêté une liste sur laquelle monsieur Pierre LAMAH s’était retrouvé curieusement en compétition avec ses homologues Ibrahima Sory 1 TOUNKARA et N’Faly SYLLA alors que ces derniers avaient candidaté pour être élus parmi les Magistrats à élire en assemblée générale des Cours d’Appel.

Face à cette confusion, monsieur Pierre LAMAH aurait saisi, le même jour, le Collège électoral (composé du Ministre de la Justice et des droits de l’Homme, du Premier Président de la Cour suprême et du Procureur Général près de ladite cour) et ce avant le vote, à l’effet d’examiner les actes de candidature des trois personnes concernées et au besoin de rectifier l’erreur se trouvant dans la liste des candidats.

Le même jour, le Ministre de la Justice, s’étant ravisé de l’erreur commise, a aussitôt rectifié le tir en déclarant irrecevable la candidature des sieurs Ibrahima Sory 1 TOUNKARA et N’Faly SYLLA avant de constater que seul Monsieur Pierre Lamah avait candidaté dans sa catégorie.

Mais entre-temps, les présidents des tribunaux de première instance avaient procédé à l’élection qui a mis aux prises ces trois Magistrats, et Monsieur Ibrahima Sory 1 Tounkara a été déclaré vainqueur.

Pierre Lamah est-il devenu gênant ou un obstacle pour le ministre Charles Wright ?

Après plusieurs tentatives de déstabilisation, ce jeune magistrat visiblement indéboulonnable, a toujours tenu tête face à ses adversaires privés d’arguments. Mais toujours à la recherche d’une stratégie machiavélique.

Comment se débarrasser de cette patate chaude ? Salir sa carrière à travers un « faux dossier » de « détournement de deniers publics » ?

Après une « fausse » inspection générale formelle dans son service, le président de la transition, le Colonel Mamadi Doumbouya, pourrait prendre un décret pour le destituer à son poste. Ce plan machiavélique viendrait confirmer que « Tous les chemins sont bons pour arriver au pouvoir ».

Selon nos informations, un haut cadre du ministère de la Justice passerait par tous les moyens pour prendre les rênes de cette juridiction. Ce, en complicité avec son homme de confiance. Donc, pour mettre leur plan à exécution, ils ont engagé des poursuites judiciaires contre monsieur Pierre Lamah et Cie pour les faits de « détournement, corruption et complicité sur la gestion financière du tribunal de Commerce de Conakry pour un montant de deux cent dix-sept millions quatre cent soixante-deux mille quatre cent quatre-vingt-dix-neuf francs guinéens (217 462 499 GNF).

Un règlement de comptes ? Une mauvaise interprétation des chiffres de la part de ceux qui étaient censés produire un bon rapport d’audit ? Je serais très surpris que ça ne soit pas un règlement de comptes car ce n’est pas en tout cas pour un déficit de 200 millions que vous allez sortir les griffes contre ce tribunal.

Par contre, nous connaissons des gens qui ont volé et détourné des milliards GNF et d’autres des millions en dollars mais qui dorment tranquillement sans être inquiétés. Accuser quelqu’un de détournement pendant qu’il reconnaît que chaque année, il y a une augmentation des ressources internes n’est-il pas une contradiction de votre part ?

De toutes façons, ce n’est pas à cause de 200 millions que vous allez chercher à salir un des éminents magistrats de ce pays. Avec tout ce qui a été volé dans ce pays-là, allez chercher les gros poissons en nous épargnant de ces miettes.

Foromo Archimède Lamah, journaliste, Web-activiste