Politique : Où va la Guinée ? (Paul Théa)

La Politique guinéenne.

Pendant très longtemps, je n’aimais pas parler politique en public, à part pendant mes cours en économie , je donnais mon point de vue en cercle privé.

C’est après la mort de Président Conté, que j’ai commencé à écrire des articles sur la politique guinéenne.
A mon dernier séjour à Conakry, je devais annoncer mon entrée dans un Parti politique mais ma famille m’a demandé d’attendre mon installation sur place. Je ne compte pas faire des miracles mais juste contribuer à ma manière pour un changement dans notre pays.

Mon neveu Lucien Guilao avait publié un post disant que les jeunes qui ont manifesté contre le manque d’eau et d’électricité à Kankan, sont manipulés. J’ai fait le commentaire en lui disant qu’il est sur la mauvaise voie et il m’a répondu qu’il a fait son choix depuis 2010 et qu’il ne va pas changer comme certains le font en allant de branche en branche.
Neveu, je t’avais dit que l’on parlera car je ne parlais pas de ton choix politique, Qui suis-je pour juger le choix politique de quelqu’un. Je parlais de l’expression “Ils sont manipulés”.

Depuis le régime de Sékou Touré, tous les guinéens qui critiquent le régime en place, sont des contre révolutionnaires, des apatrides, des fantoches, des opposants dans le sens péjoratif, des manipulés et j’en passe. C’est de cette injustice dont je parle en disant que tu te n’est pas sur la bonne voie. Manipulé par qui?
Au moment de la transition sous Dadis, j’avais critiqué une actions et un partisan de Dadis avait dit que je suis manipulé. J’ai répondu par un article disant que je suis manipulé par ma conscience.

Je trouve que les Guinéens qui ne soutiennent pas les actions du gouvernement sont dans leur droit et ceux qui les soutiennent aussi sont dans les leur. C’est le principe de la démocratie.
Nous constatons que depuis 2010, tous les événements qui soutiennent le Président Alpha Condé, se passent sans incident et ceux contre lui finissent dans la violence et le plus souvent avec mort d’homme. Ce n’est pas normal.

J’ai fui le régime de Sékou Touré en 1979 et j’ai eu beaucoup de déboires dans mes affaires sous Lansana Conté, c’est pourquoi mon fils ne comprend pas que je cherche toujours m’installer en Guinée.

Mon père a failli aller au camp Boiro (à deux reprises) sur accusation, la vérité éclata juste avant qu’il n’y entre; combien de personnes n’eurent pas cette chance? Dieu seul sait.
Je connais un officier qui disait à la TV, que les militants de Siradiou Diallo sont pacifiques, qu’il est facile de les encadrer et que les militants d’Alpha Condé sont “une équation à mille variables”, il justifiait ainsi leur persécution. J’avais dit à mon père que cela n’était pas normal, ils sont aussi des guinéens qui doivent avoir les mêmes droits.

Et aujourd’hui, je vois des partisans d’Alpha Condé qui tuent, qui emprisonnent et qui persécutent à tour de bras. Ce n’est pas juste et je déteste l’injustice.
Si nous ne mettons pas fin à ce système, celui qui viendra après fera la même chose, inéluctablement. Où va la Guinée?

Pour cette élection présidentielle du 18 Octobre 2020, comme je suis contre un troisième Mandat, je n’ai pas reconnu le référendum émaillé de sang de certains nos compatriotes, je ne reconnais pas le texte promulgué (qui est différent de celui soumis au vote, une grande première à ma connaissance), la logique veut que je ne reconnaisse pas une élection dont Alpha Condé y participe comme candidat.

Enfin Décembre, il ne sera plus légalement le président de la Guinée. Une transition s’imposera. Il faudra se battre pour son départ pure et simple. C’est mon point de vue.