8 mars à N’Zerekore : ” la femme n’est pas une marchandise…”Sabine Hebelamou

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A l’occasion de la célébration de la  journée internationale des droits des femmes, dans la capitale de la région forestière  notre reporter est allé à la rencontre d’une femme qui s’est fait démasquer des autres  à travers sa profession, longtemps réserver aux hommes. Il s’agit de la demoiselle Sabine Hébélamou, télécentrière, au  quartier Bellevue, commune urbaine de N’Zérékoré. Sabine Hébélamou, trouve de mieux en chargeant des téléphoniques qui lui permettent de mieux soutenir sa famille. Elle a aussi égrené  les difficultés auxquelles, est  confrontée  avant  invité les jeunes filles à se trouver un point de suite.  

Née en  1989 à Balo dans la sous-préfecture de  Bowé-sud, préfecture de  Yomou, la seule femme, qui gère un Télécentre à Bellevue depuis 7 ans. Sabine Hébélamou  d’un passé atypique et aujourd’hui femme modèle n’a pas connu que de bonheur, elle a aussi traversé des moments sombre de sa vie. Selon elle,  «  je n’ai pas eu la chance d’étudier. Parce que mes parents ne m’ont pas mis à l’école jusqu’à ce que je sois  grande. En ce moment. Je me suis dit,  il faut que je fasse quelque chose. Entretemps, moi-même je me suis forcé à rentrer à l’école. J’ai directement commencé les cours en 4ème  année. Quand le DES (Directeur Sous-préfectorale de l’Éducation) a vu mon écrit, il m’a directement envoyé en 6ème année. Mais pour faute d’argent, je n’ai pas pu faire l’examen. Je suis sortie de l’école. Et quand la société  ‘’Zacopé’’ est venue  à N’Zérékoré, je suis allé expliquer  mon cas. Ils m’ont pris comme femme de ménage. J’ai passé 9 mois avec eux et quand la société est partie, ils nous ont réglés. A mon retour du quartier, je n’avais rien à faire. Il y avait un jeune qui avait un Télécentre qui ne marchait pas. C’était en 2014.  Donc, j’ai pris ce Télécentre et j’ai bien aménagé. C’est de là-bas que j’ai commencé à charger les téléphones. Dieu étant, ça marchait très bien. En ce moment, le jeune est revenu pour me dire qu’il veut reprendre son Télécentre. J’avais l’inquiétude où vais-je aller maintenant?  Dieu étant, il y a un Monsieur  dénommé Blam, m’a donné un espace où  je me suis installée. Ça marchait  plus que l’autre côté. Comme ça marchait beaucoup, les voleurs se sont infiltrés,  j’ai commencé a enregistré des pertes de téléphones, à chaque fois on partait à la gendarmerie ou à la police pour ces cas de vols. Si quelqu’un m’envoie un petit téléphone quand ça se perd, il me dira que  c’est téléphone androïdes. Je suis resté à payer l’argent, il y a d’autres qui m’ont dit, il faut abandonner le problème de Télécentre. Mais comme je ne savais quoi faire, je me suis concentré juste pour ne pas faire de bêtises. Parce que je suis née dans une famille pauvre. Donc, c’est avec ce Télécentre-là aujourd’hui, je nourris mes parents, je fais tous mes besoins. L’homme me donne, il ne me donne pas, ça ne  me dit rien»,  a expliqué Sabine Hébélamou.

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Abordant la question sur  sa vie amoureuse, Sabine Hébélamou, la trentaine, n’a pas voulu faire assez de commentaire mais elle précise tout de même que «  Sabine n’est pas mariée mais elle est fiancée. Avant de venir à Nzérékoré, c’est un monsieur qui m’a envoyé ici. Après que j’ai abandonné les études au village. Il a fait dot, on est venu à N’Zérékoré.  Nous sommes restés ici, il a eu de la chance  on l’a envoyé en Mauritanie. Après il m’a fait appel. Nous sommes restés là-bas, il a eu un boulot en Guinée Equatoriale et quand, il est parti. Il s’est marié là-bas avec une camerounaise. Et, moi je suis retourné au pays. Donc actuellement, il est avec sa femme là-bas, il ne  m’appelle pas. Mais moi, ça ne me décourage pas. Parce que c’est la vie. Peut-être pour lui, je n’ai pas étudié et je ne vie que  de la charge des téléphones. Mais, je suis toujours à l’attente et si je vois qu’il ne vient pas là, je vais me marier avec un autre homme», a-t-elle indiqué.  

 Sabine Hébélamou marche sur sa langue pour dire ses vérités à ses camarades. « Une femme n’est pas une marchandise, il ne faut pas te vendre. Si tu apprends un métier, fais-le avec conviction et passion. Et quand tu finis, tu peux te marier et si quelqu’un te fiance, il faut être fidèle à lui. Parce que c’est le  matériel (l’argent) qui fait aujourd’hui que beaucoup certaines  filles se livrent à la débauche et se font marchandise aujourd’hui. Elles sont paresseuses, ne veulent pas travailler et ne comptent que sur leurs  copains, maris, petit-amis. Ton boulot est ton premier mari, il ne faut jamais l’oublier au profit de quoi que ce soit. Une femme doit se débrouiller, une femme ne doit toujours pas tendre sa main aux hommes, il ne  faut pas te laisser faire. Chercher un petit boulot à faire, même les étudiantes diplômées. Il y a d’autres qui ont  fini les études et qui sont là, en train de trainer pour dire, il n’y a pas  d’emploi. Il faut chercher un coin où tu vas te concentrer jusqu’à l’arrivée des sociétés

»  

 Il faut retenir que la journée internationale des droits des femmes n’a pas été célébrée à Nzérékoré pour cause de l’épidémie à virus Ebola et de la pandémie de coronavirus. 

Bruno Lamah

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