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Récemment la cour de justice de la CEDEAO a rendu son verdict dans le dossier du massacre de Zogota condamnant l’Etat guinéen à payer aux parents des victimes une indemnité de plus de 4 milliards de francs guinéens. Cette décision est largement saluée par la famille des victimes qui ont du mal à joindre les deux bouts aujourd’hui. Rencontré, les parents des victimes ont exprimé leurs sentiments sur cette décision de la CEDEAO, mais elles émettent des doutes quant à son exécution.

Pépé Kolié porte-parole des parents des victimes du massacre de Zogota

Interrogé, Pépé Kolié porte-parole des parents des victimes du massacre de Zogota s’est réjoui de la sentence de la cour de justice de la CEDEAO mais émet des doutes quant à l’exécution de cette décision. « Mes sentiments c’est d’abord de remercier les avocats qui, grâce à eux, on a eu la lumière sur ce dossier.

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Notre joie au nom des parents des victimes se limite pour le moment jusqu’à la réception de la décision rendue par la CEDEAO. La grande joie manifeste sera effectuée quand les parents des victimes rendront en possession des dommages et intérêt causé par le gouvernement. »

Chef du Village de Zogota, M. Kpakile Gnadawolo
Chef du Village de Zogota, M. Kpakile Gnadawolo

Pour le chef du village qui a lui aussi perdu un ses parents, le gouvernement a voulu bafouer le dossier de Zogota mais en vain. C’est pourquoi, il invite la CEDEAO à mettre la pression sur l’Etat guinée afin qu’il puisse indemniser les parents des victimes. Il a aussi cité le nom de certains hauts cadres qui seraient impliqué dans ce dossier. « Je veux que la CEDEAO mette la pression sur l’Etat Guinée.

Ceux qu’on les ait tué, parmi eux, il y a certains qui ont des enfants dans les écoles, d’autres ont même laissé leurs femmes enceintes. Ils ont aussi pillé les biens des autres. Alors, l’argent que la CEDEAO demande de nous donner, ils doivent nous payer. C’est quand cela sera fait, nous les habitants de Zogota nous serons très content. Mêmes ceux qui vivent en forêt seront content. Parce qu’ils diront ce que nous avons fait à Zogota si nous tentons de faire dans une autre localité du pays ça ne sera pas bon. Il ne faut plus qu’il pense que nous les forestiers nous ne sommes pas guinéens. Nous sommes tous guinéens.

Quand quelqu’un fait du mal, il faut le rapprocher pour l’expliquer ce qu’il a fait. Mais nous on n’a rien fait mais c’est l’ex préfet de Nzérékoré actuel préfet de Boké, Alassane Sanoussi, l’ancien commandant de la gendarmerie régionale de Nzérékoré qui est l’actuel commandant de la brigade anti criminalité(BAC), Col. Soumah ainsi que le feu Col. Madjou Baldé ex commandant de la 4ème région militaire 2012, ont fait venir des militaires pour massacrer nos parents. »

Tokpa Michel loua, neveu d’une victime
Tokpa Michel loua, neveu d’une victime

Quant à Tokpa Michel loua, neveu d’une victime, raconte ses calvaires après le massacre de son oncle. « Depuis le départ triste de mon oncle maintenant, nous souffrons énormément dans la famille. Moi je suivais les cours d’informatique, mais depuis, j’ai abandonné parce que il n’y a plus quelqu’un pour me soutenir. Et aussi depuis ils ont fermé la société minière qui voulait nous aider jusqu’à présent rien ne va. Nous sommes en train de souffrir ici parce qu’il n’y a pas de travail. Nous sommes-là toujours on s’en va au champ, on fait les contrats pour survivre. »

Pour terminer, Pépé Kolié, porte-parole des parents des victimes, invite l’Etat à l’indemniser les familles des victimes qui selon lui, ont du mal aujourd’hui à joindre les deux bouts. « Je demande au gouvernement guinéen de venir en aide des pauvres parents. En payant leur indemnité (dommage et intérêt). Pour le développement non seulement de notre société mais aussi le soutien matériel des familles des victimes. »

Pour rappel, le village mystérieux Zogota (village du prêtre de la foret sacrée), situé à 70 km du chef-lieu de la préfecture avait été le théâtre d’une attaque armée en 2012 de la part des militaires guinéens faisant 6 morts, des habitations incendiées, des blessées et des arrestations.
Bruno Lamah

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