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L’assemblée nationale a clôturé le mercredi 05 juillet 2017,la première session ordinaire de l’année 2017, dites des lois. La cérémonie a regroupé outre les députés, les membres du gouvernement, des diplomates accrédités en Guinée et les acteurs de la société civile. A cette occasion, l’honorable Claude Kory Kondiano, président de l’assemblée nationale dressé le bilan de la session. Voici le discours intégral. 

Honorables Députés, Chers Collègues, 

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Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef

du Gouvernement,

Excellence Monsieur le Ministre Conseiller Spécial Chargé des Relations avec les Institutions Républicaines, 

Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions Républicaines,

Monsieur le Haut Représentant du Président de la République, 

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement, 

Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et Consulaire, 

Monsieur le Gouverneur de la Banque Centrale, 

Monsieur le Gouverneur de la Ville de Conakry, 

Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions Internationales, 

Monsieur le Chef d’État Major Général des Armées,

Monsieur le Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale, Directeur de la Justice Militaire, 

Messieurs les Chefs d’États Majors particuliers, 

Révérends Représentants des Confessions Religieuses,

Mesdames et Messieurs les Travailleurs de l’Administration Parlementaire, 

Distingués Invités,

Mesdames, Messieurs, 

C’est depuis le 05 avril 2017, qu’a été ouverte cette première session, dite session des lois au cours de laquelle nous avons été saisis par l’exécutif, le législatif et un Groupe Parlementaire de l’Assemblée Nationale de soixante trois (63) textes dont (61) Projets et (2) Propositions de lois.

Sur ces soixante trois textes reçus, trente sept (37) ont été examinés et adoptés au cours de cette première session ordinaire. Il faudra donc que nous continuions ces travaux législatifs au cours des prochaines sessions extraordinaire et budgétaire.

C’est donc dire que tous les textes pour lesquels l’Assemblée Nationale a été saisie et qui ont été déclarés recevables par elle seront examinés à bon escient, ce qui oblige le pays à créer un climat favorable aux activités génératrices de ressources nationales taxables et un climat attrayant tant pour les investissements étrangers que pour les investissements nationaux.

Cela ne sera évidemment possible, chers collègues, qu’avec la cohésion au sein de l’équipe que nous constituons et l’abandon de ces sentiments de suspicion et de méfiance qui habitent certains d’entre nous vis-à-vis de ceux avec lesquels ils sont pourtant condamnés à cohabiter. Nous devons aussi savoir que la violence verbale dont se sont approprié un certain nombre d’entre nous est, nous le verrons plus loin, une des armes destructrices qui ne permet pas d’avancer dans la recherche de la vérité, le renforcement  de l’esprit d’équipe et celui du consensus pour mener à bien l’immense travail législatif et de modernisation de l’Administration parlementaire qui nous incombe.

Nous avons vocation à initier et à organiser un dialogue constructif en anticipant sur les changements nécessaires par l’identification des problèmes, le dénouement des blocages et l’analyse clairvoyante de la marque de notre Nation. Et cela est notre rôle, à tous, acteurs politiques et membres de la Société Civile. Et pour qu’on joue pleinement ce rôle, je souhaite qu’on soit plus responsables.

 

Honorables Députés, chers collègues,

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Mesdames, Messieurs, 

Commençons par le travail législatif en prenant en exemples les textes relatifs au Règlement Intérieur et au Plan National de Développement Economique et Social.

S’agissant du Règlement Intérieur, sa non adoption à temps n’est due qu’à cause des querelles de clocher de bas niveau déclenchées par certains Députés toutes tendances politiques confondues au sein de l’Assemblée Nationale quant au contenu à lui donner afin que celui-ci soit plus personnalisé que juridique, et obéisse aussi à une certaine logique dans la répartition des Commissions et des postes au niveau du Bureau entre les principales familles politiques qui composent l’Assemblée Nationale.

C’est pour trouver une solution consensuelle à ce problème qu’une commission Ad-Hoc a été mise en place pour produire un texte de bon niveau juridique, au contenu dépersonnalisé et consensuel nécessaire pour la cohésion et la sérénité au sein de notre Institution.

Mais malgré tout ça, des voix se sont encore élevées parmi un certain nombre d’entre vous, chers collègues, pour rejeter le texte produit par la Commission Ad-Hoc alors qu’il remplit toutes les conditions de fond et de forme d’un Règlement Intérieur normal comme ceux de toutes les Assemblées Nationales des pays de la Sous-région. Au nom de la majorité d’entre nous qui ont salué la qualité du travail de la commission, je félicite et remercie nos collègues qui n’ont ménagé aucun effort pour aboutir à ce résultat.

Honorables Députés, chers collègues,

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Mesdames, Messieurs, 

Venons-en maintenant au Plan de Développement Économique et Social pour dire que c’est un plan d’action qui projette le pays dans l’avenir, c’est-à-dire jusqu’en 2020. Le total des dépenses d’investissements à réaliser au cours de la période de cinq (5) années que va couvrir ce plan est de 130.898 milliards de Francs Guinéens dont 30% de ce montant devra être supporté par l’État, 38% par le secteur privé et 32% par les Partenaires Techniques et Financiers.

C’est donc dire que sa réalisation dépendra de la capacité de mobilisation des ressources à tous ces trois niveaux, ce qui oblige le pays à créer un climat favorable aux activités génératrices de ressources nationales taxables et un climat attrayant tant pour les investissements étrangers que pour les investissements nationaux.

A l’intérieur du pays, il faut, avec la privatisation de l’encaissement de certains impôts telle que la taxe unique sur les véhicules, craindre une baisse des recettes fiscales au cours de l’année fiscale pour les raisons que l’Assemblée Nationale a énumérées dans une lettre adressée sur la question à Monsieur le Premier Ministre le 19 mai 2017 pour dénoncer cette pratique ; car, en plus de ses effets sur les recettes, elle constitue une violation flagrante des dispositions  de la Loi Organique du 06 août 2012 relative à la loi organique portant Loi de Finances. En tout cas, elle ne rassure pas. Il faut donc s’en débarrasser comme nous devons nous débarrasser de ces vieilles habitudes et mauvais comportements qui persistent toujours et qui sont à l’origine du blocage de notre pays. Ils constituent le mal dont souffre la Guinée.

Ce mal a pour nom la violence verbale, le mensonge, la diabolisation de l’autre etc.., toutes choses qui braquent les Guinéens les uns contre les autres, et qui les empêchent de faire équipe pour travailler dans le but de permettre au pays d’aller de l’avant. C’est ainsi qu’on accuse les députés de vouloir augmenter leurs traitements, ce qui est faux, le Président de l’Assemblée Nationale de vouloir avoir les mêmes avantages que le Chef de l’Etat, ce qui est encore faux.

Un certain nombre de nos compatriotes ont versé dans une violence verbale faite de haine vis-à-vis de leurs semblables et de sentiments de rejet de ceux qu’ils ne veulent pas voir.

C’est aussi, avec beaucoup de regret qu’on constate une forte propension au mensonge de leur part sur ceux qu’ils ne veulent pas voir s’ils ne pensent comme eux ou n’ont pas les mêmes tares qu’eux, moyen privilégié pour ternir leur image, ou pour les éliminer, ou pour ternir l’image du pays et en éloigner les investisseurs. En ce faisant, ils savent pertinemment qu’ils naviguent à contre courant de la volonté du Président Alpha CONDE de réconcilier les Guinéens pour pacifier le pays ; mais peu importe pour eux.

Ils vont même jusqu’à inciter de plus en plus au soulèvement populaire pour la remise en cause de l’ordre établi ou pousser à la guerre civile qu’aucun guinéen digne de ce nom ne souhaite à ce pays qui n’a que trop souffert des actes délibérés de certains de ses fils.

Tout comme ils excellaient dans cet exercice sous la Première République, certains de nos compatriotes ont mis toute leur intelligence au service du mal au point qu’ils sont toujours prêts à se livrer à toutes sortes d’accusations gratuites contre une personne qui n’a pas les mêmes défauts qu’eux et qu’il faut, par conséquent, faire disparaître.

C’est ainsi que beaucoup de personnes innocentes ont, autre fois, payé de leur vie ces comportements cruels.

C’est un peu dans cette logique que se situent les mensonges qui sont actuellement véhiculés autour de certaines dispositions de la proposition de loi relative au Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale adopté hier, pour ce qui est, par exemple, des avantages prévus pour les députés et les anciens Présidents de l’Assemblée Nationale.

En effet, la nouvelle proposition de loi n’a fait que reconduire les avantages prévus dans l’ancien Règlement Intérieur dont bénéficient déjà tous les députés de la présente législature, même ceux qui en font le procès par médias interposés. Ce sont les mêmes avantages que prévoient tous les Règlements Intérieurs de toutes les Assemblées des pays de la Sous-région et d’ailleurs.

Pour ce qui est des anciens Présidents, la disposition relative à leur statut est conçue à l’image de celle d’un des pays de la Sous-région qui assurent toutes les conditions de vie dignes à leurs anciens Présidents d’Assemblée. Cela avait été rejeté par les députés de la deuxième République et on en voit aujourd’hui les conséquences sur nos anciens Présidents d’Assemblée Nationale, qui, pourtant, ont servi la Guinée avec amour, dignité, patriotisme et loyauté.

On comprend donc difficilement l’attitude de certains honorables députés par rapport à cette décision de la majorité d’entre nous de rétablir les anciens Présidents d’Assemblée de notre pays dans leurs droits. C’est comme si ceux qui sont dans cette position appartenaient à cette catégorie de personnes qui, dans notre pays, n’aiment le bonheur de personne si ce n’est celui les concernant.

Aussi, prierais-je nos chefs religieux toutes confessions religieuses confondues, de ne jamais se lasser de prier pour ce pays qui en a tant besoin pour sa paix et la quiétude de ses enfants, ainsi que pour l’Assemblée Nationale qui en a besoin pour être mieux inspirée dans l’accomplissement de la mission à elle confiée par le Peuple.

Ces vieilles habitudes et ces mauvais comportements sont tellement nocifs qu’ils sont capables de continuer à troubler la paix sociale dont le pays a maintenant nécessairement besoin si nous tenons à atteindre tous les objectifs assignés au Plan de Développement Economique et social en cours d’exécution.

Honorables Députés, chers collègues,

Mesdames et Messieurs les agents de l’Administration Parlementaire, 

Je voudrais, enfin, vous dire quelques mots du niveau d’avancement du travail de modernisation de l’Administration Parlementaire, plus particulièrement du travail d’assainissement du fichier du personnel de l’Administration Parlementaire.

L’audit du fichier du personnel  de l’Administration parlementaire pour son assainissement dans le but de doter l’Assemblée Nationale d’une Administration performante est l’un des objectifs du Plan Quinquennal dont notre Institution s’est doté.

Pour ce faire, elle a, dès son installation, mis en place une commission à laquelle il a été assigné sept (7) objectifs qui sont :

  1. le contrôle sur le terrain pour l’identification des agents n’ayant plus droit aux salaires et à retrancher de l’effectif, à savoir :

– les absents,

– les malades,

– les agents décédés,

– et d’autres agents fictifs ;

  1. l’intégration des nouvelles embauches à l’effectif précédent et rapprochement avec l’état des salaires ;
  1. la soumission de tout le personnel à la biométrie ;
  1. la vérification de l’authenticité des diplômes, joints à leurs dossiers par les agents pour éviter l’injustice dans leur classement dans les catégories, grades, classes et échelons afin de permettre à chacun d’élaborer son plan de carrière ;
  1. l’évaluation de chaque agent et l’étude de son profil avant de l’affecter au poste correspondant pour une utilisation rationnelle des ressources disponibles ;

 

  1. la garantie aux agents de l’Administration des relations de travail sûres au moyen d’un contrat de travail à durée indéterminée ou déterminée, ce qui n’a pas été le cas jusqu’aujourd’hui;
  2. enfin, l’affiliation de chaque agent à la Caisse Nationale de sécurité sociale pour lui garantir la couverture contre certains risques sociaux.

Il faut dire que ce travail d’audit du fichier du personnel et des dossiers des agents nous a conduits à des découvertes époustouflantes. C’est, par exemple, ainsi que nous avons décelé 75 doublons, c’est-à-dire ceux qui émargent à la fois à la Fonction Publique  et à l’Assemblée Nationale et 148 faux diplômes.

Aussi, ne serait-il pas un manque d’esprit de responsabilité de notre part que de laisser persister une telle situation ? Bien sûr que Oui! C’est pourquoi je vous invite, chers collègues, à être solidaires de toutes les décisions qui seront prises par le Bureau pour corriger les anomalies constatées au niveau du fichier.

Honorables Députés, chers collègues,

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs

 

Ce sont là, mes préoccupations pour mon pays que je tenais à partager aujourd’hui avec vous.

Merci à vous tous d’avoir bien voulu rehausser de votre présence cette cérémonie de clôture  des travaux de la session des lois qui vont, à présent, prendre fin.

Merci pour votre attention !

La séance est levée.

Bouba DIALLO