Advertisements

DISCOURS DE CLOTURE DE LA SESSION BUDGETAIRE PORTANT EXAMEN DU PROJET DE LOI

DE FINANCES INITIALE POUR  L’ANNÉE 2018

Advertisements

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Honorables Députés, Chers Collègues,

Monsieur le Ministre Conseiller chargé des Relations   avec les Institutions Républicaines,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions Républicaines,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et Consulaire,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions Internationales,

Révérends Représentants des Confessions Religieuses,

Monsieur le Chef d’Etat Major Général des Armées,

Monsieur le Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale, Directeur de la Justice Militaire,

Messieurs les Chefs d’Etat Major des Armées de Terre, Mer et Air,

Monsieur le Gouverneur de la Ville de Conakry,

Mesdames et Messieurs les agents de l’Administration Parlementaire,

Distingués Invités,

Mesdames, Messieurs,

Nous voilà arrivés au terme de la deuxième session de l’année budgétaire en cours, dite Session Budgétaire, au cours de laquelle nous avons été amenés à examiner et adopter le budget pour l’année 2018.

Ces travaux sont intervenus cette année dans un environnement international et un contexte national relativement plus favorables.

Il a donc fallu tenir compte de cet environnement qui, selon les Institutions Internationales, notamment le FMI et la Banque Mondiale, est actuellement marqué par :

1-     une légère reprise de l’activité économique globale dans le    monde ;

2-     une inflation modérée, mais orientée vers la hausse ;

3-     une légère reprise du marché des matières premières ; notamment         pour l’or et l’aluminium, ce qui  présage de meilleures perspectives         pour le secteur minier de notre pays (notamment le fer) ;

4-     un retrait de l’Indonésie du marché de la bauxite pour avoir         opté         pour        la transformation sur place de ce produit ; de ce   fait, la Guinée         détient aujourd’hui le quasi-monopole       sur       ce marché, ce qui    peut lui être très profitable ;

5-     une hausse des actifs financiers  (actions et obligations) sur les marchés financiers  internationaux, ce qui ouvre les meilleures perspectives dont l’économie guinéenne peut bien tirer profit pendant le temps que durera cette évolution.

Honorable Députés, chers collègues,

Mesdames, Messieurs,

Au cours de ces travaux, nous avons aussi tenu compte du contexte national plus favorable.

En effet, le pays a, maintenant, tourné la page de l’épidémie de la fièvre hémorragique à virus EBOLA qui a eu des conséquences désastreuses sur l’économie du pays.

Aujourd’hui, en dépit des revendications politiques et sociales récurrentes, l’économie guinéenne a confirmé sa résilience avec la reprise de la croissance qui, de 3,5% en 2015, est passée à 6,6% en 2016. Cette dynamique va se poursuivre en 2017 avec un taux de croissance de 6,7%. Ce dernier peut être  largement dépassé en 2018 avec les efforts inclusifs et volontaristes de tous les guinéens et à tous les niveaux.

Oui, chers compatriotes ! C’est un objectif qui est à notre portée si nous acceptons tous d’être dans la logique de l’intérêts supérieur de la nation guinéenne qui vise à faire de notre pays l’un des plus riches et plus beaux du Monde.  Nous devons donc mettre à profit ce contexte national et international favorable pour nous engager sincèrement à accompagner tous ceux qui sont engagés dans cette entreprise salutaire.

Parmi ces aspects favorables, il y a l’obtention par le Gouvernement d’importantes promesses de financements auprès de la République Populaire de Chine et d’importants engagements de nos partenaires techniques et financiers lors de la réunion du Groupe Consultatif à Paris pour des montants cumulés dépassant les 40 milliards de dollars us dont notre pays a bénéficiés grâce à la très forte personnalité du Président Alpha CONDÉ et à la confiance que lui font les partenaires politiques, ainsi que les bailleurs de fonds à travers le monde.

S’y ajoute la signature d’un accord avec le Fonds Monétaire International pour un nouveau programme de Facilité Elargie de crédit d’une durée de trois (3) ans (2017-2020) et d’un montant de 120,5 millions DTS, suivi d’un appui budgétaire de la Banque Mondiale pour un montant de 40 millions de dollars us au titre de l’année 2018. Je peux vous confirmer qu’à ce jour, les conditions préalables à l’entrée en vigueur de ces accords ont été remplies pour que le Conseil d’Administration du Fonds Monétaire International approuve le dossier guinéen.

D’ailleurs, selon les dernières informations qui nous sont parvenues du FMI, le dossier Guinée a été approuvé hier 11 décembre 2017 par le Conseil d’Administration.

Honorables Députés,

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

Il convient aussi de souligner la très forte augmentation des recettes qui passent de 13.489 milliards de Francs Guinéens en 2017 à (16.553,540) milliards de Francs Guinéens en 2018, soit une augmentation de 23%. Cette évolution provient des efforts déployés par les services financiers responsables de la mobilisation des recettes publiques ainsi que de la pression exercée  par l’Assemblée Nationale qui ne cesse d’insister auprès du Gouvernement sur la nécessité d’accroître ses ressources internes afin de faire face à ses besoins financiers. L’Assemblée Nationale a surtout mis l’accent sur l’obligation faite aux régies financières et autres constellations du Trésor pour verser à son compte tout ce qu’elles mobilisent comme ressources. Cette position des représentants du Peuple est très mal comprise par certains responsables de ces Institutions financières, alors qu’elle n’a que pour but de préserver l’intérêt supérieur du Peuple dont nous sommes les représentants. Elle n’est dirigée contre personne et contre aucun intérêt. L’Assemblée Nationale continuera à déployer les efforts pour mettre fin à la fuite du circuit  du Trésor de ces importants montants de ressources collectées par certains directeurs d’institutions financières qui en font un usage personnel délictuel.

S’agissant des dépenses, elles enregistrent une augmentation de 34% par rapport à 2017.

A ce niveau, nous devons saluer l’effort qui est fait par le Gouvernement pour le respect du Ratio de l’Union Africaine sur la part des dépenses de l’Education Nationale dans les dépenses totales du budget de l’Etat qui, pour l’exercice budgétaire 2018, est de 14% contre 15% exigés par l’UNION AFRICAINE.

En revanche, nous sommes encore loin de cet objectif en ce qui concerne la santé avec 6,2% contre 15%, et de l’agriculture avec 3,6% contre 10%. Beaucoup d’efforts restent donc encore à déployer à ces deux niveaux ; on peut y arriver en prélevant sur certaines dépenses au profit de ces deux postes, notamment l’agriculture dont le niveau des investissements doit être sensiblement relevé afin de financer les travaux d’aménagement et d’infrastructures routières rurales.

L’évolution favorable que l’on constate encore au niveau du budget de 2018 est la forte augmentation du poste investissements qui est de 66% par rapport à leur niveau de 2017.

Le montant des investissements prévus pour le budget de l’exercice 2018 a presque doublé pour permettre une réalisation effective des objectifs du Plan de Développement Economique et Social tels que recommandés dans le cadre budgétaire à moyen terme.

C’est donc dire l’importance des efforts que l’Etat doit déployer pour accroître ses capacités de mobilisation des ressources internes qui conditionnent le décaissement des ressources extérieures.

Honorables Députés, chers collègues,

C’est pour cela que j’invite mes compatriotes, toutes tendances politiques et sociales confondues, à mettre fin à tous ces actes d’hostilité récurrents qui ont fait tant de mal à notre pays depuis son indépendance et cela ne va qu’en s’aggravant.

J’invite les responsables politiques et syndicaux à comprendre que toute action de leur part invitant les gens dans la rue pousse ceux-ci à s’y retrouver avec des objectifs personnels différents de ceux visés par les organisateurs, ce qui se traduit souvent par des conséquences économiques et sociales désastreuses pour le pays. Aussi, voudrais-je encore les inviter à accepter cette trêve politique et sociale de très longue durée que je leur propose pour permettre au pays, grâce au Plan de Développement Economique et Social conçu à cet effet, de pouvoir relancer son économie.

Je veux saisir cette occasion pour regretter les effets pervers des derniers troubles provoqués par l’arrêt des cours dans les écoles sur la sécurité des personnes (plusieurs morts et plusieurs blessé) et la sécurité des biens des nationaux comme ceux des  étrangers. Il en est ainsi chaque fois parce que les manifestations de rue et les grèves sont toujours récupérées par des gens mal intentionnés.

Ce mouvement qui a, cette fois, duré plus de trois semaines, n’a pu s’arrêter que grâce à l’implication des révérends  représentants des confessions religieuses auxquels je tiens à rendre un vibrant hommage. Je les supplie de continuer à prier pour la paix dans notre pays.

Encore une fois, seul le dialogue permet de trouver des solutions aux problèmes quelle que soit leur ampleur. C’est cette logique que les compatriotes, toutes tendances confondues, devraient maintenant intégrer dans leurs comportements quotidiens.

Honorables Députés, chers collègues,

Avant d’adopter le présent budget tout à l’heure, vous avez donné des directives pour apporter des corrections à certaines de ses dispositions pour en faire un bon budget. Ces amendements et ces observations seront, je suis sûr, pris en compte pour le rendre davantage bon.

C’est donc un bon budget parce qu’il n’est pas tourné, comme ceux qui l’ont précédé, vers la stabilisation ; il vise plutôt la relance de l’économie du pays avec un déficit budgétaire de 2,1% du PIB contre 0,5% du PIB en 2017.

C’est un bon budget parce que la politique budgétaire projetée pour 2018 est compatible avec la politique monétaire envisagée pour la période.

C’est, enfin, un bon budget parce que l’un des objectifs sociaux assignés par l’UNION AFRICAINE dans la répartition sectorielle des dépenses budgétaires dans les budgets des pays membres est presqu’atteint dans un des trois secteurs. Il s’agit de l’Education dont la dotation budgétaire pour le budget de 2018 est de 14% des dépenses totales, alors que les secteurs de la Santé (6,2%) et de l’Agriculture (3,6%) sont encore loin des objectifs assignés aux Etats par l’UNION AFRICAINE.

A présent, il me revient l’agréable devoir de féliciter et de remercier l’ensemble des Honorables Députés, tous les agents de l’Administration Parlementaire, les membres du Gouvernement et leurs cadres respectifs pour leur participation de qualité, le travail abattu et les résultats obtenus.

Tel est, Honorables Députés, distingués invités, Mesdames, Messieurs, le message que je tenais à vous livrer au terme de cette session.

Encore une fois, Merci !

La séance est levée !

Conakry, le 12 décembre 2017

Son Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale

Honorable Claude Kory KONDIANO