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Auteur compositeur guinéen, Souleymane Bangoura alias Soul Bang’s savoure le succès du Prix Rfi Découvertes 2016. L’artiste, actuellement en tournée de promotion dans les Instituts français en Afrique, a livré un spectacle mercredi dernier, à Dakar. C’était «Comme un retour à la maison», a confié Soul Bang’s qui annonce d’ailleurs son prochain album chez Sony Afrique et un grand concert au Stadium Iba Mar Diop, en décembre.

Soul Bang’s, c’est votre premier spectacle à Dakar ?
A Dakar, c’est comme un retour à la maison quand je suis là. C’est depuis 2008 que j’ai commencé à venir ici. Il s’est passé beaucoup de choses et le moment viendra de raconter l’histoire… En tout cas, je suis content à chaque fois que je reviens au Sénégal. Je suis toujours heureux d’être là. Oui, c’est un honneur. D’ailleurs, je donne rendez-vous à mes fans en décembre prochain pour un grand concert, ici à Dakar.

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Racontez-nous vos débuts dans la musique…
Wouaw ! C’est depuis… En fait c’est naturel, je me suis retrouvé dans la musique comme ça, par passion. Sinon au début, j’étais juste un jeune qui rêvais de devenir militaire. Je jouais au football en même temps. Mais la musique était quelque chose en moi, qui s’est développée. Finalement, j’ai compris. Aujourd’hui, je suis mon destin. Machallah.

Et comment définissez-vous le genre musical ?
Je fais du «Cosmobeat». Disons que c’est un buffet musical ; c’est tout ce que vous pouvez entendre comme musique. C’est tout ce que j’ai reçu comme éducation musicale. En tant qu’artiste africain, j’ai été influencé par bon nombre de musiciens africains, tels que Mory Kanté, Salif Keita, Ibro Diabaté, Youssou Ndour, etc. J’ai également été influencé par des artistes européens comme américains, Craig David, R Kelly, entre autres. Donc tout ce que j’ai reçu comme éducation, écoute, émotions ; c’est ce qui est en train de se forger, se mettre en évidence et tout. C’est pourquoi je dis que c’est du «Cosmobeat».

Qu’est-ce que cela vous fait d’avoir remporter le Prix Rfi Découvertes ?
Wouah ! ça, c’est un honneur, c’est une fierté. Quand on a longtemps travaillé pendant des années et qu’on ne pensait même pas être récompensé ; un prix de de la sorte, c’est une bénédiction d’Allah.

Quels sont les perspectives après ce trophée ?
Il y a beaucoup de choses en perspectives. J’ai déjà sorti un album après ce prix et c’est pour le moment l’un des meilleurs albums en Guinée. Et il se fait entendre un peu partout en Afrique. Et j’ai signé chez Sony ; je suis artiste chez Sony Afrique. C’est une consécration pour moi. Et en plus, je suis en train de faire cette tournée musicale. Tout cela est arrivé par surprise. Et mon album avec Sony est en train de se préparer. D’ailleurs, l’album va sortir vers la fin de cette année.

Pensez-vous que votre succès peut apporter quelque chose à la musique guinéenne ?
La musique guinéenne se porte bien. Moi, en tant qu’artiste, je me sens comme le fils de Mory Kanté, qui est d’ailleurs mon beau-pére ; mais aussi comme le fils de Sory Kandia Kouyaté, du Bembeya Jazz, de Balla et ses Balladins, de Sékouba Bambino, entre autres… On sait que beaucoup de pays se sont inspirés culturellement de la Guinée. Donc aujourd’hui, on ne peut pas parler de la musique guinéenne sans évoquer ces noms-là. Nous sommes leurs fils et si aujourd’hui, on poursuit l’héritage de ces gens-là, c’est grâce à toute leur bénédiction. Mais qu’à cela ne tienne, aujourd’hui, l’industrie musicale n’existe pas encore en Guinée. Bien qu’il soit un pays dans lequel les gens adorent la musique. Imaginez des artistes comme moi qui y jouent des concerts devant plus de quatre-vingt mille personnes ! C’est une bénédiction. Aujourd’hui, en Afrique, même dans le monde, voir un artiste réussir une telle chose, ce n’est pas donné à tous. Et en Guinée, on parvient à le faire. Mais l’industrie musicale est négligée. Donc c’est dommage. Mais nous, on ne va pas s’arrêter là. On va continuer à travailler pour la promotion de la culture guinéenne, parce que c’est cela qui nous fait vivre.

Propos recueillis par Omar DIOUF | LESOLEIL