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Après le Ragaman Eli kamano, c’est sur une autre figure non moins célèbre et populaire de la musique urbaine guinéenne et africaine, en l’occurrence Takana Zion, meilleur ragaeman africain du moment,  que la gendarmerie de Conakry vient de mettre le grappin ce mardi 25 juillet.

Son tort, comme celui d’Eli kamano arrêté dans les mêmes conditions il y’a quelques jours, avoir manifesté contre les velléités supposées  d’un probable troisième mandat du président Alpha Condé. C’est sur le boulevard Telli Diallo à kaloum, que le regaeman Mouctar Soumah à la tête d’un carnaval pour dénoncer «les tares du régime Condé» mais aussi contre la prolongation du mandat présidentiel après 2020, a été arrêté.

Il y a comme un air de déjà vu dans ces mouvements sporadiques mais dont la portée est assez significative pour interpeler ceux à qui ils s’adressent. Cela rappel notamment une autre fin de règne au Sénégal d’Abdoulaye Wade où les artistes s’étaient  mués en fer de lance et ont été à l’avant-garde du changement et de l’alternance politique au pays de la Teranga.

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Si au Sénégal,  il s’appelait « Y’en a marre », en Guinée, c’est le mouvement « Wonkhai 2020 » (Allons à 2020) qui donne le ton depuis quelques semaines. Loin d’être un cas isolé, de plus en plus de voix au sein de l’opinion publique et de la société civile guinéenne s’élèvent pour dénoncer toute tentative révisionniste de la constitution guinéenne qui pourrait aboutir à un troisième mandat pour Alpha Condé. Chose qui, il faut le préciser, est exclue par le caractère intangible des articles de cette constitution, liées à la durée et à la limitation du nombre de mandats. En théorie, ces dispositifs verrouillent   toute possibilité d’organiser ne serait qu’un referendum à cet effet.

Si le chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, en compagnie des partis alliés de l’opposition républicaine de Guinée, n’y est pas allé du dos de la cuillère pour menacer le régime Condé ce week-end au cours d’un meeting en déclarant que « toute tentative de tripatouiller la Constitution, sera sanctionnée comme telle. On n’attendra pas un référendum pour voter pour ou contre. Nous allons montrer que nous voterons contre en prenant immédiatement la rue sur l’ensemble du territoire national… Ce sera une manifestation de toute la Guinée contre l’imposteur », c’est surtout l’engagement des artistes de gros calibres comme les ragaemans Takana Zion, Eli Kamano, les rappeurs Djani Alpha et Steve One locks pour le front contre les sirènes révisionnistes qui donne une autre dimension au mouvement et annonce une fin de règne mouvementée.