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Conakry Express, le train reliant Kaloum, le centre administratif et d’affaires de Conakry, au reste de la capitale guinéenne, a été remis en service mercredi 16 août après 11 mois d’arrêt. Bien que cette reprise s’accompagne d’une hausse des prix, elle réjouit les habitants de la ville.

Conakry Express était à l’arrêt depuis le 1er octobre 2016, à la demande de la Chinoise China International Fund qui gérait ce train. En avril dernier, le gouvernement guinéen a demandé que le train soit provisoirement remis sur les rails en attendant la suite des négociations. Chose que la partie chinoise, qui réclamait une facture commerciale de 85 millions de dollars, n’avait pas acceptée. Mais le 14 juillet dernier, le président Alpha Condé a finalement réquisitionné l’ensemble des locomotives, des voitures et des groupes électrogènes du groupe Conakry-express.

La Guinée a donc relancé le train sans les Chinois. Mais, avec une augmentation des prix. “On a procédé à une légère augmentation. Du terminus Petit bateau jusqu’à Kagbelen, le tarif était de 4.500 francs guinéens. On l’a rehaussé à 7.000 francs”, a indiqué Badra Yora, directeur de la Société nationale des chemins de fer de Guinée, désormais chargée de la gestion de Conakry Express. “Ce tarif est au-dessous de tous les modes de transport urbains”, a tenu à préciser Yora. Il s’agit tout de même d’une hausse de 55,55% du tarif.

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Même avec cette augmentation des prix, les 12 wagons étaient pleins ce mercredi. En effet, comparé aux taxis ou motos-taxis, le train reste toujours moins cher et plus rapide. Le tarif de taxi coûte 1.200 francs guinéens par tronçon (arrondi à 1.500 francs guinéens pour éviter tout problème lié au manque de petites coupures). Ainsi, un trajet en taxi de Kagbélen à Kaloum atteint 10.000 francs guinéens (environ 1 euro). En minibus, le voyage coûte 7.500 francs guinéens, mais sans le moindre confort et s’accompagne de multiples arrêts et d’embouteillages.

Composante d’un contrat signé en 2010 entre la junte militaire et la compagnie chinoise China International Fund (CIF) représentée par Guinea Developpement Corporation, le Conakry Express dessert Kaloum et le grand marché Madina depuis six ans. Le train s’est arrêté -nous le rappelions- quand la partie chinoise a demandé à l’Etat guinéen la signature de l’accord de paiement d’une somme de 85 millions de dollars.

Cette somme représentait la facture de six ans de service, le coût du train, de ses composantes et d’une qualification du personnel guinéen. Dans les négociations, l’Etat guinéen avait obtenu un rabais de 40 millions de dollars.Si les discussions entre la Guinée et China International Fund ont pris du temps, c’est aussi parce qu’elles étaient tombées au point mort lorsque le PDG de la compagnie chinoise a été soupçonné d’escroquerie. Et c’est la Chine elle-même qui avait demandé à la Guinée d’arrêter avec China International Fund toute négociation relative à son dû. En effet, durant octobre 2015, l’homme d’affaires hongkongais Sam Pa “Xu Jinghua” avait été arrêté à Hongkong pour corruption présumée en rapport avec ses sociétés de droit angolais.

La relance du Conakry Express fait la joie de plus d’un Guinéen. Moyen de transport incontournable pour les habitants de la haute banlieue et les personnes à faibles revenus, le Conakry Express transporte 2.000 passagers par voyage, matins et soirs des jours ouvrables (soit du lundi au vendredi).