Mohamed Condé
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Le ministre des Mines guinéen demande l’examen approfondi de tous les permis d’exploitation de l’entreprise minière Sable Mining. Cette réaction gouvernementale fait suite au rapport d’une ONG anglaise, qui révèle les conditions obscures de l’attribution de la concession du gisement de fer du mont Nimba. Une enquête qui met en cause deux personnalités guinéennes, dont le fils du chef de l’Etat, Mohamed Condé.

Tout commence en août 2010, lorsque la société minière Sable Mining jette son dévolu sur les ressources naturelles de la Guinée. Selon le rapport de l’ONG Global Witness, c’est pendant l’entre-deux-tours de la présidentielle que l’entreprise se rapproche du candidat Alpha Condé. La compagnie aurait organisé des rencontres stratégiques et facilité les déplacements du candidat et ceux de son fils Mohamed Condé.

Le patron de Nimba Holding, Aboubacar Sampil, qui se dit proche des Condé, joue alors les entremetteurs. Des échanges de mails entre ce dernier et Sable Mining, dévoilés par l’ONG, révèlent que des pots-de-vin auraient été versés par la compagnie minière. Aboubacar Sampil aurait demandé de déposer l’argent sur le compte bancaire de Mohamed Condé.

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L’objectif ? Toujours selon l’ONG, obtenir rapidement le permis d’exploitation du gisement de fer du mont Nimba. C’est chose faite en janvier 2012, deux ans après l’arrivée au pouvoir d’Alpha Condé. Suite à la publication de ce rapport, les autorités guinéennes se défendent. Le gouvernement affirme qu’un premier permis d’exploitation a été délivré à Sable Mining en septembre 2010, avant l’arrivée aux affaires de l’actuel chef de l’Etat.

Dans un communiqué ce samedi 14 mai, le ministre des Mines réaffirme l’engagement du gouvernement dans la lutte contre la corruption. Il demande à son homologue de la Justice d’examiner toutes les concessions obtenues en Guinée par l’entreprise Sable Mining.