L'Afrique au risque de nouvelles guerres de religion ?
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Comme en atteste la présence des troupes françaises dans la bande sahélo-saharienne, l’Afrique est l’un des principaux fronts du jihad. Complexe, la situation ne s’y résume pas cependant aux chocs et frictions d’une poussée de l’islam conquérant.

L’Afrique est certes traversée, au sud du Sahel, par une ligne de partage entre islam et christianisme, qui comptent chacun entre 400 et 500  millions de fidèles.
Mais cette ligne de partage entre une Afrique majoritairement chrétienne au sud, et musulmane au nord, n’est ni statique, ni étanche.
Elle trace un axe de diffusion de l’islam, radical en particulier, mais en s’adaptant aux réalités locales.

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Parfois, cette ligne de fracture épouse les frontières nationales.
Ainsi, la Centrafrique majoritairement chrétienne voisine avec le Tchad, majoritairement musulman.
Mais cette ligne traverse plus souvent les limites des États, comme la Côte d’Ivoire ou le Nigeria, au nord majoritairement musulman et au sud majoritairement chrétien, conduisant aux fortes tensions politiques que l’on connaît.
La violence de cette fracture peut aller jusqu’à la sécession : celle, avortée, du Biafra hier, comme celle du Soudan du Sud aujourd’hui.

Un « choc des religions » à relativiser

Le facteur religieux explique rarement à lui seul les conflits, voire en est totalement absent.
Ainsi de la guerre entre la plus ancienne nation chrétienne du continent, l’Ethiopie, alliée au Soudan islamiste contre l’Erythrée dont la population se partage équitablement entre christianisme et islam, ou de l’opposition entre Tutsis et Hutus du Rwanda – les uns et les autres très majoritairement catholiques…
Sous un prétexte religieux, on observe en réalité le réveil d’oppositions plus profondes et anciennes encore. Entre populations arabes et subsahariennes, comme au Soudan du Sud ou au Mali, lors de la crise de 2012-2013.
Ou entre peuples de tradition nomade ou au contraire sédentaire, comme au Rwanda depuis l’indépendance et jusqu’au génocide de 1994, ou en Centrafrique en 2013 et aujourd’hui encore au nord du Nigeria.
Tandis que la guerre opposant le Maroc au Front Polisario oppose des musulmans sunnites, mais sur fond de “grand jeu” entre le royaume chérifien et l’Algérie pour le contrôle du Sahara et ses ressources…

Il est donc difficile de quantifier l’influence du facteur religieux dans cette agitation régionale.
Le religieux apparaît comme le réceptacle, aussi, d’une violence qui découle des défaillances étatiques et de la multiplication des zones grises, dans la mesure où il possède une forte puissance légitimatrice – donc mobilisatrice.
Ce dont témoignent par exemple Boko Haram et  AQMI.

Changer notre regard sur l’Afrique

Notons enfin que la dynamique d’une nouvelle confrontation religieuse n’est pas réductible à l’Afrique : les églises évangélistes sont particulièrement…Lire la suite sur Huffingtonpost.fr