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Péla (Yomou): un bras de fer tendu entre la CESPI et l’opposition

A 24h de l’élection présidentielle prévue le 18 octobre 2020 en Guinée, déjà les annomalies sont signalés dans la circonscruption de Pela préfecture de Yomou.
Tout est parti pendant  la formation des présidents des bureaux de vote dont un membre de l’opposition à été suspendu par la présidente de la  CESPI. Selon la configuration du bureau  de vote aucun membre de l’opposition ne serait  pas présents dans les bureaux de vote.
Chose qui a irrité la colère des opposants(UFDG-UDRP, PADES) de cette localité qui s’emprenent à la

présidente de la CESPI et au  sous-préfet de Pela d’être à la base de leur exclusion et aussi de préparer une fraude électorale le 18 octobre 2020. Pour les opposants c’est une complicité entre la présidente, le sous-préfet,la mouvance présidentielle et quelques membres de la CESPI de Pela d’écarter les représentants des partis politiques de l’opposition qui sont représentés à Pela pour cette élection, et pour pouvoir transférer le bureau de la CESPI à la sous-préfecture pour des éventuelles mascarades électorales.

Joindre au téléphone M. Bruno Delamou  directeur de campagne  de l’UFDG et de l’UDRP de Yomou,  condamne cette action de la présidente de la CESPI de Pela et donne un ultimatum pour retransférer ce bureau à sa place sans délai. << Si la présidente ne retransfère ce bureau avant le jour du scrutin peut être il n’aura pas d’élection à Pela parce que nous allons le transférer de force ou de gré, c’est annomal qu’un bureau se retrouve au siège de la sous-préfecture si s’est pas pour voler et tricher les résultats. Nos membres ont été écartés lors de la formation des membres de bureaux de vote, et j’accuse la CESPI,par ce que les membres de l’opposition n’ont pas reçu leurs cartes d’électeurs. Ils ont gardé pour voter à la place de nos militants.  Je la met en garde si elle essaie de voler. Ça va mal se passer entre nous ici. Comme l’a dit Alpha Condé nous sommes en guerre et nous sommes prêts à cette guerre qui parle.>> Il faut noter que À Pela  l’oppositions se prépare pour securiser les résultats  et aussi lutter contre une éventuelle fraude électorale que le pouvoir pourrait organiser a indiqué un opposant.


Bruno LAMAH

En Guinée, chrétiens et musulmans invités à des « prières ferventes » deux jours avant la présidentielle

Prévu le 18 octobre, le premier tour du scrutin présidentiel en Guinée se prépare dans un climat assez tendu.

Dans une lettre circulaire datant du 12 octobre, le secrétariat général des affaires religieuses El hadj Aly Jamal Bangoura demande aux guides religieux des différentes confessions de prier, avec leurs fidèles, pour la paix dans le pays.

Vendredi 16 et samedi 17 octobre, les deux derniers jours avant le scrutin présidentiel en Guinée, seront consacrés « à la lecture du saint Coran dans toutes les mosquées et aux messes ferventes dans toutes les églises ». « L’objectif de ces lectures du saint Coran, de ces ferventes prières et actions de grâce est d’implorer Allah, le Tout-puissant d’apporter l’accalmie dans notre pays et de nous favoriser le maintien de la paix et de la cohésion sociale », précise El hadj Aly Jamal Bangoura, le secrétaire général des affaires religieuses de la Guinée, dans une lettre circulaire, datant du 12 octobre.

Dans ce document adressé à tous les gouverneurs, préfets, maires, conseils de mosquées, les associations religieuses musulmanes et chrétiennes, Églises et paroisses, l’institution étatique se dit « fortement préoccupée par la conjoncture que traverse présentement le pays en cette période électorale ».

Si le secrétaire général des affaires religieuses demande de prier pour la Guinée, c’est parce qu’il « demeure soucieux de ce qui pourrait arriver si l’on n’y prend pas garde avant, pendant et après les scrutins du 18 octobre. »

« Coup d’État constitutionnel »

Depuis un an, en effet, le pays connaît des tensions sociopolitiques. Après la modification de la constitution introduite en septembre 2019, l’opposition qui soupçonnait le président Alpha Condé, élu en 2010 et en 2015 de vouloir briguer un troisième mandat, a organisé des manifestations pour protester. Le projet constitutionnel a tout de même été validé par un référendum en mars 2020, ouvrant ainsi, selon ses partisans, la voie à un troisième mandat pour le président sortant.

Le 2 septembre 2020, quand Alpha Condé a annoncé sa candidature pour un troisième mandat, des manifestations de l’opposition et de la société, contre ce « coup d’État constitutionnel » ont été violemment réprimées par les forces de sécurité.

Une situation préoccupante

Fin septembre à Dalaba (centre), considéré comme un bastion de Cellou Dallein Diallo, principal opposant au président guinéen, un mort a été enregistré dans des troubles lors d’un déplacement du premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, l’initiateur de la réforme constitutionnel et directeur de campagne du président Condé.

Lundi 12 octobre, l’opposition guinéenne a chiffré à 90, au moins, le nombre de personnes tuées, en un an au cours de la répression du mouvement qu’elle a organisé contre un troisième mandat du président Alpha Condé. Le Front national pour la défense de la Constitution (Fndc) qui a fait ce décompte, a publié une liste des victimes selon lui de la contestation depuis le 14 octobre 2019.

Guy Aimé Eblotié

Election présidentielle en Guinée : dix petits candidats dans l’ombre des « mastodontes »

Outre le président sortant, Alpha Condé, et son principal rival, Cellou Dalein Diallo, qui sont les personnalités qui concourent au scrutin du dimanche 18 octobre ?

OUSMANE KABA

Cet ancien proche d’Alpha Condé, économiste de formation, a été le premier responsable de l’opposition à se déclarer candidat, après une première participation en 2010 (0,5 % des voix). Plusieurs fois ministre, M. Kaba, 65 ans, a été exclu en 2016 du parti au pouvoir après avoir exprimé publiquement son désaccord avec M. Condé. En 2017, il a créé le Parti des démocrates pour l’espoir (Pades), surtout populaire dans les milieux urbains et éduqués, notamment dans l’est du pays, fief électoral du chef de l’Etat.

IBRAHIMA ABÉ SYLLA

Le président du parti Nouvelle Génération pour la République (NGR), 69 ans, formé en Côte d’Ivoire puis aux Etats-Unis, notamment en ingénierie électrique, a obtenu 3,23 % des voix en 2010. Originaire de la préfecture de Kindia (ouest), il a été élu député en mars 2020 lors d’un scrutin législatif boycotté par l’ensemble de l’opposition.

ABDOUL KABÉLÉ CAMARA

Longtemps compagnon de route de M. Condé, dont il a été l’avocat lors de son arrestation après l’élection présidentielle de 1998, sous le général Lansana Conté (1984-2008), M. Camara, 70 ans, a été ministre des affaires étrangères à la fin de la présidence Conté. Sous Alpha Condé, il a été ministre de la défense, puis de la sécurité, jusqu’en 2017. Après son départ du gouvernement, il a créé son parti, le Rassemblement guinéen pour le développement (RGD), en octobre 2018.

MAKALÉ CAMARA

Ministre de l’agriculture sous Lansana Conté, Mme Camara a été ambassadrice en France et au Sénégal avant de devenir ministre des affaires étrangères de M. Condé en 2016-2017. La candidate du Front pour l’alliance nationale (FAN) veut incarner un « réel changement » face aux « mastodontes » de la vie politique guinéenne.

MAKALÉ TRAORÉ

Ministre de la fonction publique sous Lansana Conté et directrice de campagne en 2010 de M. Condé, dont elle s’est éloignée, la présidente du Parti de l’action citoyenne par le travail (PACT) se définit comme la « candidate des femmes ». Juriste et économiste de formation, ancienne enseignante, active au sein de la société civile, elle dénonce la « mauvaise gouvernance » et les « injustices sociales ».

OUSMANE DORÉ

Ancien haut fonctionnaire de la Banque africaine de développement (BAD) et du Fonds monétaire international (FMI), cet ex-ministre de l’économie né en 1957 dirige le Mouvement national pour le développement (MND). Docteur en économie formé aux Etats-Unis, il se présente comme un « socio-libéral », défendant la « liberté d’entreprendre » et une plus grande justice sociale.

BOUYA KONATÉ

Agé de 40 ans, cet homme d’affaires spécialiste du secteur automobile dirige l’Union pour la défense des intérêts républicains (UDIR). Il a été ambassadeur itinérant du général Sékouba Konaté, chef du régime de transition militaire (janvier-décembre 2010), auquel il est apparenté. Par sa candidature, il veut « amorcer une dynamique de renouvellement de la classe politique » et souhaite « faire le nettoyage de l’administration publique ».

MANDIOUF MAURO SIDIBÉ

Ce médecin gynécologue de 69 ans, qui a effectué une partie de sa formation en France, est originaire de Mandiana, dans l’est du pays. Le candidat de l’Alliance des forces du changement (AFC) a aussi publié plusieurs livres.

ABDOULAYE KOUROUMA

Le président du Rassemblement pour la renaissance et le développement (RRD), élu député en mars, a affirmé vouloir porter à l’Assemblée nationale la voix de l’opposition, qui boycottait pourtant le scrutin.

LAYE SOULEYMANE DIALLO

A 37 ans, cet homme d’affaires qui se présente pour la première fois au suffrage universel veut lutter contre la corruption en utilisant les technologies les plus perfectionnées. « Ma chance est que je n’ai jamais dirigé la Guinée, je viens du milieu de la pauvreté, je connais les problèmes guinéens », explique le chef du Parti de la liberté et du progrès (PLP).


Le Monde avec AFP

En Guinée, une élection présidentielle à haut risque

Ce pays d’Afrique de l’Ouest s’apprête à organiser le scrutin présidentiel, dimanche 18 octobre, dans un contexte tendu. L’opposition muselée et l’instrumentalisation des questions ethniques pourraient déstabiliser le pays.

Dans quel contexte s’organise l’élection présidentielle guinéenne, prévue dimanche 18 octobre ?

Depuis octobre 2019, la Guinée est le théâtre de nombreuses contestations à la suite de la volonté de l’actuel président, Alpha Condé, de briguer un troisième mandat. Pour réaliser ce tour de force, le chef d’État, élu en 2010, a fait adopter une nouvelle Constitution lors d’un référendum contesté en mars dernier. L’initiative a provoqué une levée de boucliers de la part de la société civile, ses adversaires dénonçant un « coup d’État constitutionnel ».

Si les manifestations ont fleuri dans tout le pays, elles ont été sévèrement réprimées par le pouvoir en place. « Les autorités ciblent les dirigeants des mouvements d’opposition pour effrayer la société civile », déclare Molly Rose Freeman Cyr, chargée de programme Afrique de l’Ouest à la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH). Selon l’experte, ces protestations répétées signifient que « la majorité de la population en Guinée ne veut plus d’Alpha Condé ».

Parmi les onze candidats à la présidentielle, Cellou Dalein Diallo figure comme le principal opposant. Dimanche 11 octobre, le candidat – qui en est déjà à sa troisième tentative – a accusé le pouvoir en place d’avoir donné l’ordre à des jeunes de lui barrer la route pour l’empêcher de faire campagne dans le Kankan, bastion électoral du président sortant Alpha Condé dans l’est du pays.

En quoi les deux principaux candidats exacerbent les tensions ethniques lors de cette campagne présidentielle ?

En Guinée, il n’est pas rare que les questions ethniques soient exploitées à des fins politiques. « Tous les partis en Guinée sont à base de régionalisme, ils ne proposent pas de projet de société », analyse Aliou Barry, chercheur et directeur du Centre d’analyse et d’études stratégiques (CAES).

L’actuel président Alpha Condé, issu de l’ethnie malinké, deuxième du pays, tente de mobiliser sa communauté autour d’un discours belliqueux au risque d’attiser la haine : « Cette élection n’est pas seulement une élection, c’est comme si nous étions en guerre », a récemment déclaré l’actuel président Alpha Condé, dans sa langue régionale.

Une offensive menée notamment contre les Peuls – ethnie majoritaire – dont l’opposant Cellou Dalein Diallo est issu. « C’est en 1976 que l’ex-président Sékou Touré avait déclaré la guerre aux Peuls. Cette communauté compte beaucoup de cadres et l’objectif est de lui barrer l’accès au pouvoir », poursuit Aliou Barry.

Dans ce climat électoral tendu, la Guinée risque-t-elle de connaître un nouveau cycle de violences ?

Vendredi 9 octobre, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, s’est dite « profondément préoccupée » par les récents événements à Conakry. Depuis son indépendance, en 1958, le pays a été traversé par plusieurs cycles de violences, dont le plus marquant remonte au massacre de septembre 2009, où des militaires avaient massacré 157 personnes s’opposant au pouvoir en place.

Une victoire d’Alpha Condé – fort probable selon Aliou Barry – pourrait déstabiliser un pays déjà fragile économiquement. En effet, le manque d’eau et d’électricité cristallise de nombreux mécontentements surtout dans les régions minières où le taux de chômage est très élevé. « Je crains la période post-électorale… La question est de savoir si la population locale acceptera le résultat », conclut l’expert.

Par La-Croix

Présidentielle sous haute tension : l’ancien président Moussa Dadis Camara, adresse un message de paix à ses compatriotes guinéens.

Chers citoyens Guinéens, l’approche de cette fameuse date d’élection présidentielle , une date bouleversée par la peur ,les menaces, les promesses ,de mise en garde de toute sorte de manipulation; Je demande à chaque Guinéen de rester lui même.

Quand le soleil brille ou quand il pleut en Guinée chaque Guinéen reçoit les bienfaits selon sont besoin et ceux qui n’ont pas besoin se mettent à l’abri ,je veux vous dire que il logique de jouir de l’amour au lieu de la haine,de la gentillesse au lieu de la méchanceté, de la paix au lieu de la guerre, de l’union au lieu de la division.

C’est vrai que nous avons plusieurs leaders politiques à suivre mais comprenez que on a qu’un seul pays.

A nous les Guinéens posons nous Ces questions suivantes :

  1. Qu’est-ce que j’ai fait ou je dois faire pour que mon pays soit comme je rêve?
  2. Entre être mon pays avec ma famille et être réfugié dans un autre pays sans connaître la destination d’aucun membre de ma famille qu’est ce que je dois choisir?
  3. Dans la sous région quel rang d’appréciation mon pays doit avoir?
  4. Est ce qu’il faut que je tue mon voisin pour que mon pays bouge ?
  5. Quel sera le visage de mon pays après la guerre?
  6. Est ce quand il ya la guerre les membres de ma famille vont survivre?

Je vous assure que après que chaque Guinéen ait répondu à ces questions vous réaliserez la ” guerre ” est le pire des mots.

A tous les leaders politique on ne rentre pas en politique avec la guerre mais plus tôt avec un programme de société ,vous êtes plus âgés pendant certains Guinéens n’ont que 1 mois. Donc mon pays avant tout.

Chers frères et soeurs ne confondez pas mouvement contrôlé et contrôle mouvementé.

Ceci est mon message de paix pour désarmer les coeurs.

Vive la Guinée, Vive la paix, vive le développement.

Dieu a déjà béni la Guinée, qu’il bénisse aussi les guinéens.

Amen.

Guinée: l’élection de tous les dangers

Tous les moyens sont désormais bons pour sélectionner et manipuler l’électorat guinéen à l’approche du scrutin.

Alors que les yeux des observateurs sont rivés sur les élections américaines, plus rares sont ceux qui prêtent attention aux processus électoraux se déroulant dans la sous-région ouest-africaine. L’actualité y est pourtant dense, cinq élections présidentielles se tenant en Afrique de l’Ouest d’ici la fin de l’année : la Côte d’Ivoire et la Guinée en octobre, le Burkina Faso en novembre et le Ghana et le Niger en décembre. Les inquiétudes concernent surtout la Côte d’Ivoire et la Guinée, les deux présidents sortants de ces pays, Alassane Ouattara et Alpha Condé, ayant décidé de se présenter à un troisième mandat consécutif au prix de petits arrangements avec la Constitution. Alpha Condé, en particulier, semble prêt à tout pour conserver le pouvoir, n’hésitant pas à réprimer férocement les manifestations de l’opposition et à multiplier les fake news, tout en jouant la carte de l’ethnicisation.

Printemps guinéen

Depuis un an, la Guinée est entrée dans une dangereuse spirale de tensions politiques qui s’est amplifiée à l’approche de l’élection présidentielle du 18 octobre prochain. Les espoirs de réconciliation nationale contenus dans l’élection de 2010 se sont délités à mesure qu’Alpha Condé échouait à mettre en œuvre ses promesses de développement économique. Dès l’automne 2019, un vent de révolte s’est cristallisé autour du Front national pour la Défense de la Constitution (FNDC), un collectif composé de onze partis politiques et de membres de la société civile, qui entend défendre la Constitution de 2010 contre le projet de révision initié par Alpha Condé.

Considéré comme une mascarade électorale du fait des nombreuses irrégularités du fichier électoral par l’opposition, le référendum constitutionnel du 22 mars dernier, maintes fois repoussé, a abouti à une écrasante victoire du “Oui” à un changement de Constitution. Le nouveau texte modifie la durée du mandat présidentiel (il le fait passer de cinq à six ans) et permet de mettre “les compteurs à zéro”, ce qui signifie en clair qu’Alpha Condé peut se présenter encore deux fois à l’élection présidentielle, et ainsi briguer un troisième voire un quatrième mandat. Depuis, le climat politique est devenu explosif.

Fermeture des frontières et ethnicisation exacerbée du débat politique

Certes, la question ethnique est importante, parfois déterminante, dans le processus électoral africain. Mais Alpha Condé, issu de l’ethnie malinké, la deuxième du pays, tend, ces dernières semaines, à exacerber la question identitaire dans un pays à forts clivages, en donnant à ses discours des accents guerriers. «Cette élection n’est pas seulement une élection, c’est comme si nous étions en guerre», a-t-il récemment déclaré.

« Si vous votez pour un candidat malinké qui n’est pas du RPG (Rassemblement du peuple de Guinée, le parti au pouvoir), c’est comme si vous votiez pour Cellou Dalein Diallo », avertissait par ailleurs le chef d’Etat. Cellou Dalein Diallo est en Guinée la  principale figure de l’opposition, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et un membre de la communauté peule, cette dernière étant traditionnellement le « souffre-douleur » des gouvernements. Alpha Condé n’a pas non plus hésité à fermer les frontières de son pays sans donner d’explications en déclarant que les Guinéens du Sénégal et d’Angola ne pouvaient pas participer au vote du 18 octobre. Or, ces derniers sont à 90% Peuls et Cellou Dalein Diallo est crédité au Sénégal « de nombreux soutiens qui pourraient inquiéter le régime d’Alpha Condé », comme le rapporte le journal sénégalais Vox Populi.

Bref, tous les moyens sont bons pour sélectionner et manipuler l’électorat guinéen à l’approche du scrutin : ethnicisation du débat pour faire oublier un mauvais bilan économique, fermeture des frontières et interdiction faite à une partie des Peuls de voter pour son concurrent et, bien sûr, contrôle exacerbé de l’information, quitte à la tronquer, voire à la truquer.

Manipulation des chiffres et des images

La manipulation de l’information, rendue possible par une mainmise du clan au pouvoir sur les médias audiovisuels, les seuls, bien souvent, que comprend une population comptant 62,7 % d’analphabètes (PNUD, 2018), est devenue un enjeu crucial pour le parti au pouvoir. Quel meilleur moyen de lutter contre le boycott décrété par l’opposition lors des législatives de mars que de montrer des photos de son leader, Cellou Dalein Diello, allant voter avant de prendre l’avion pour Dakar ? Ou de faire défiler en armes, devant les caméras de la télévision nationale, des manifestants (en fait des prisonniers dans un camp militaire), qui sont ensuite qualifiés de « mercenaires » par des journalistes à la solde du clan Condé ?

Récemment, un rapport de l’ONG Human Right Watch révélait que les forces de sécurité, accusées de violence arbitraire, avaient délibérément sous-estimé le nombre de morts et l’ampleur des dégâts matériels suite aux massacres de Nzérékoré commis au printemps à l’occasion du référendum constitutionnel…

Devant cette débauche de manipulations propres à réduire la prochaine présidentielle à l’état de simulacre de processus démocratique, il est à noter toutefois l’initiative d’un jeune bloggeur, Sally Bilaly Sow, de l’association « villageois 2.0 » de Labé, de créer une plate-forme contre les fake news. Il est appuyé financièrement par l’Agence française de développement, soulignant ainsi l’intérêt que la communauté internationale porte à ce que la succession d’Alpha Condé soit démocratique.

S’il appartient aux candidats de l’opposition de capitaliser sur la colère de la population, ils peuvent aussi compter sur la maturité démocratique du peuple guinéen qui n’a plus confiance dans le processus électoral et aspire à donner un nouveau souffle à la démocratie par le jeu de l’alternance.

Par LaTribune

Réception du PRAC à N’Zérékoré : la ville totalement envahi de jaune!

Suite à l’incroyable réception qu’a été accordée M. Cellou Dalein Diallo président de l’UFDG dans la capitale de la région forestière le Camp présidentiel semble être perturbé. Le RPG AEC, a décidé de répondre le chef de file de l’opposition guinéenne ce dimanche 11 octobre 2020 par une forte mobilisation des militants et sympathisants du parti.  Du côté de sekoutoureya, le patron du RPG AEC, le président candidat Alpha Condé a décidé de sortir de sa recève pour  battre campagne à l’intérieur du pays. Ce dimanche, le chef de l’État est annoncé dans la ville de NZérékoré et de Lola où il doit tenir des meetings.

 Le parti présidentiel de N’Zérékoré ne menace aucun effort pour offrir une mobilisation de taille ce dimanche en guise de réponse au chef de file de l’opposition guinéenne dit-on.

Dans la nuit de ce samedi 10 au 11 octobrer, le RPG AEC à travers les ministres ressortissants et cadres de la région passe pas tous les moyens pour mobiliser la population de N’Zérékoré. Ce matin, le grand marché est  fermé, la circulation quasiment paralysée par les jaunes, la ville presque jaunes à travers des panderoles qui sont entachées ça et là, ainsi que des affiches.

À la place des Martyrs, la mobilisation ne se désemplit pas, les populations  fortement engagées pour la cause du RPG AEC sont  venus un peu de  partout dans la préfecture.Au niveau de la sécurité, tous les points stratégiques de la ville sont pris d’assaut par les services de défense et de sécurité. Une équipe mixte de patrouille sillonne la ville.

Interrogé, un des militants nous indique que<< les gens ont menti que tout N’Zérékoré est pour le président Cellou Dalein Diallo. Nous sortons montrer à l’opinion nationale et internationale que c’est faux.>>

Il reste à savoir, si la mobilisation que le RPG AEC de N’Zérékoré compte faire  pourrait rivaliser celle de Cellou Dalein Diallo.

Attendons de voir!

Bruno LAMA

Guinée: le régulateur de la communication met en garde contre les discours haineux

En Guinée, la Haute autorité la communication s’inquiète de l’impact des discours haineux sur la campagne des élections présidentielles du 18 octobre. L’autorité a mis en garde contre la tenue de discours haineux dans les médias, mais n’a jusque-là pas annoncé de sanctions contre les contrevenants.

En Guinée, la Haute autorité de la communication (HAC) a mis en garde contre les discours haineux dans les médias durant la campagne électorale de l’élection présidentielle du 18 octobre 2020. Dans un communiqué rendu public le 3 octobre, l’institution a demandé à l’ensemble des acteurs politiques de faire preuve de retenue.

« La HAC constate avec préoccupation et déplore la tenue de discours de haine et d’incitation à la violence. Soucieuse de voir une campagne électorale sans violence et une période post-électorale apaisée, elle demande aux médias de privilégier la préservation de la paix et de l’unité nationale », peut-on lire dans le communiqué.

Alors que de nombreux pays africains approchent de périodes électorales dans un environnement assez houleux, le sujet des discours de haine dans les médias est très abordé ces derniers jours. Si certains pays ont pris le parti de la sanction, d’autres choisissent la sensibilisation.

PAR Agence Ecofin

Guinée/Présidentielles 2020 : Démarrage de l’opération d’affichage des listes électorales définitives (Communiqué de la CENI)

Dans le cadre des dispositions des articles 22, 29 et 31 du Code Électoral révisé, la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) informe les électeurs, les citoyens, les partis politiques candidats en lice et I’ensemble des acteurs du processus électoral du démarrage de lbpération dhffichage des listes électorales définitives dans les districts, quaftiers, consulats et ambassades vendredi le 09 Octobre 2O2O. Cette opération permettra aux électeurs, de vérifier leur présence et la localisation des bureaux de vote. Les listes électorales définitives resteront affichées jusqu’au jour du scrutin.

Par ailleurs, la CENI informe également que les réclamations se feront auprès des Démembrement (CESPI, CECI et CEPI) et portées dans un registre mis à disposition à ce effet, et ce conformément aux dispositions des articles 25 et 26 du code électoral révisé. La CENI sait compter sur lêsprit civique et patriotique de tous les acteurs pour la réussite de ladite opération.

Lire également le communiqué en PDF en cliquant sur le lien suivant : communiqué affichage

Guinée Conakry : Ousmane Kaba, l’outsider qui veut créer la surprise lors des présidentielles

Il fut le premier à annoncer sa candidature à la présidentielle guinéenne malgré le contexte controversé de l’époque. Arguant que le président Alpha Condé était vulnérable dans les urnes, Ousmane Kaba veut aller jusqu au bout pour démontrer que le “peuple souverain de Guinée” ne faillira point.

Loin d’être un inconnu, le fondateur de l’ école Koffi Annan, inauguré en 1999, est un économiste crédité de grands projets agricoles dans son pays. Âgé de 65 ans, Ousmane Kaba a été ministre à plusieurs reprises et dirige depuis 2017 une formation politique, le Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES). Ousmane Kaba est aussi un ancien proche du président sortant Alpha Condé. Les deux hommes ont pris leurs distances en 2016. Le chef de l’état l’avait d’ailleurs exclu du parti du rassemblement du peuple de Guinée (RPG) pour avoir critiqué publiquement la politique du gouvernement.

Les deux anciens amis ont de grandes chances d’en découdre dans les urnes le 18 octobre prochain. Malgré le fait qu’une partie de l’opposition se dresse contre le 3 ème mandat d’Alpha Condé, âgé de 82 ans, Ousmane Kaba lui pense que Alpha tombera dans son propre piège dans les urnes. L’homme qui se présente comme alternative à la confrontation politivo-ethnique qui oppose Alpha à Cellou Dalein Diallo, devra toutefois trouver les moyens de peser face aux deux poids lourds de la scène politique guinéenne. L’alternance pour lui est la seule issue pour la consolidation de la démocratie défigurée par le président sortant. La tâche s’avère difficile mais c’est un challenge que Ousmane Kaba compte relever.

Par Financial Afrik