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Guinée : le Front national de la défense de la Constitution dissout par le gouvernement

Le gouvernement guinéen annonce ce 9 août avoir dissout le Front national de la défense de la Constitution (FNDC). Cet important collectif s’oppose depuis plusieurs mois à la junte au pouvoir en Guinée et a été le fer de lance de la contestation contre l’ex-président Condé (2010-2021).

“Le groupement de fait dit Front national de la défense de la Constitution est dissous” et “le présent arrêté (…) prend effet à compter de sa date de signature”, dit le document signé par Mory Condé, ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation le 6 août.

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de partis, syndicats et organisations de la société civile, a notamment été à l’initiative des manifestations organisées les 28 et 29 juillet, interdites par les autorités et où cinq personnes ont été tuées, pour dénoncer la “gestion unilatérale de la transition” par la junte.

L’annonce de la dissolution a fuité le 8 août dans la soirée sur les réseaux sociaux à la suite d’un nouvel appel à manifester du FNDC le 17 août sur l’ensemble du territoire guinéen pour dénoncer l’absence de “dialogue crédible” entre la junte, les partis politiques et la société civile.

“Leur mode opératoire se structure par des actions violentes au cours de manifestations interdites, des attaques contre des individus qui ne partagent pas leur idéologie, et des actions ciblées contre les forces de l’ordre“, a affirmé le gouvernement dans cet arrêté daté de samedi 6 août et authentifié ce mardi par l’AFP.

“Ce groupement de fait (…) provoque des manifestations armées sur les voies et lieux publiques, ayant les agissements d’un groupement de combats et de milices privées”, poursuit-il.

Ce collectif “mettant en péril l’unité nationale, la paix publique et le vivre ensemble, ne figure pas sur la liste des ONG en Guinée, ni sur la liste des collectifs d’association (…) et encore moins dans le répertoire des ONG agréées en République de Guinée”, complète le ministre Mory Condé.

“Pas concernés”

“Nous ne commentons pas cet arrêté du ministre, nous ne nous sentons pas concernés”, a réagi auprès de l’AFP Abdoulaye Oumou Sow, chargé de communication du collectif.

“Pour nous, s’inscrire dans une logique de la confiscation des libertés des citoyens ou faire taire toutes les voix dissonantes ne fera que compliquer davantage la situation”, a réagi l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH), qui se dit “très préoccupée” par “la tournure des événements”.

Deux des leaders du FNDC, Oumar Sylla alias Foniké Mangué et Ibrahima Diallo, sont détenus depuis les dernières manifestations à la prison civile de Conakry après avoir été inculpés de “participation à un attroupement interdit, de pillages, de destruction de biens publics et privés, de coups et blessures volontaires”.

Le collectif avait suspendu ses mouvements de contestation pour une semaine, dont celui prévu dans tout le pays le 4 août, “à la demande expresse” du chef de l’État bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo, président en exercice de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Cette trêve avait pour “unique objectif de donner une chance à la médiation de la Cédéao pour trouver une issue favorable à la crise en Guinée”, avait dit le FNDC.

Le colonel Mamady Doumbouya, qui a renversé le 5 septembre dernier le président guinéen Alpha Condé au pouvoir depuis 2010, s’est engagé à remettre le pouvoir à des civils élus dans un délai de trois ans.

“Gestion unilatérale”

La Cédéao a ainsi appelé le 1er août “les autorités guinéennes, la classe politique et la société civile à engager un dialogue inclusif afin de désamorcer la tension et de convenir d’un calendrier et de modalités raisonnables pour le rétablissement pacifique de l’ordre constitutionnel”.

Mais la junte refuse “de répondre aux nombreux appels au dialogue sur la transition”, a dénoncé le 8 août le FNDC dans un communiqué critiquant également “l’attitude de défiance chronique” du pouvoir guinéen vis-à-vis de la Cédéao, sa “gestion unilatérale et autoritaire de la transition” et “l’usage illégal d’armes létales dans la gestion des manifestations”.

Outre l’ouverture d’un “dialogue crédible” avec les acteurs politiques et la société civile et la fixation d’un délai raisonnable et consensuel sur la durée de la transition, le FNDC exige de la junte la libération sans condition de tous ses militants arrêtés lors des dernières manifestations.

Début juillet, l’interpellation musclée et la détention de trois leaders de ce collectif avaient provoqué de violents heurts entre des groupes de jeunes et les forces de l’ordre.

Umaro Sissoco Embalo a assuré fin juillet avoir convaincu la junte d’accélérer le retour à la démocratie de trois à deux ans, une information qui n’a pas été confirmée par les autorités guinéennes.

TV5Monde AFP

Guinée: le FNDC annonce de nouvelles manifestations

Le collectif a appelé ce lundi à une nouvelle manifestation contre la junte le 17 août en Guinée, mettant fin à une trêve faute de réponses à ses demandes de «dialogue crédible» sur la transition vers un pouvoir civil.

À Conakry, le collectif FNDC a appelé ce lundi 8 août à de nouvelles manifestations contre la junte le 14 août à Bruxelles en Belgique, pour interpeller l’Union européenne, et le 17 août sur toute l’étendue du territoire guinéen, mettant fin à une trêve, faute de réponses à ses demandes de « dialogue crédible » sur la transition vers un pouvoir civil.

Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de partis, syndicats et organisations de la société civile, était à l’initiative des manifestations organisées les 28 et 29 juillet, interdites par les autorités et où cinq personnes ont été tuées, pour dénoncer la « gestion unilatérale de la transition » par la junte.

« Ces manifestations visent à exiger du CNRD la satisfaction des revendications ci-dessous, énumère Mamadou Billo Bah, le porte-parole du FNDC, au micro de notre correspondant à Conakry, Mouctar Bah : l’ouverture d’un cadre de dialogue crédible entre le CNRD, les acteurs politiques et de la société civile ; la fixation d’un délai raisonnable et consensuel de la durée de la transition, au lieu d’être en six mois imposé par le CNRD et qui ne repose sur aucune base objective ; le respect des droits et libertés fondamentaux, au premier rang desquels le droit à la vie et l’annulation de la décision portant interdiction générale des manifestations pacifiques dans la rue et sur les places publiques ; l’ouverture du procès des crimes de sang ; la libération sans condition de tous les détenus politiques liés aux manifestations ; l’arrêt des harcèlements judiciaires et des poursuites fantaisistes contre les acteurs politiques et de la société civile ; l’ouverture d’une enquête indépendante placée sous l’égide des Nations unies afin de traduire devant les juridictions compétentes les auteurs et commanditaires des crimes et exactions perpétrées. »

par RFI

Guinée: relaxe de trois leaders d’un collectif jugés pour “outrage à magistrat”

Un tribunal correctionnel de Conakry a relaxé vendredi trois leaders d’un collectif en Guinée poursuivis pour “outrage à magistrat”, après des déclarations visant le parquet et le Parlement de transition, dont l’arrestation a provoqué de violentes manifestations de protestation dans la capitale.

Les trois prévenus, jugés vendredi par le tribunal de Dixinn (banlieue de Conakry), sont membres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), une coalition qui avait orchestré des mois de mobilisation de 2019 à 2021 contre l’ancien président Alpha Condé (2010-2021), renversé en septembre 2021 par une junte dirigée par le colonel Mamady Doumbouya.

Le coordonnateur national du FNDC, Oumar Sylla dit Foniké Mengué, Mamadou Billo Bah et le rappeur Alpha Midiaou Bah dit Djanii Alfa, avaient été arrêtés mardi, puis “inculpés d’outrage à magistrat et injures publiques” et écroués jeudi.

Le tribunal déclare les trois prévenus “non coupables des fins d’injures publiques et d’outrage à magistrat, les renvoie des fins de la poursuite pour des faits non établis et ordonne leur relaxe pure et simple”, a dit le juge Ousmane Simakan, président du tribunal de Dixinn. Le parquet avait auparavant requis également une relaxe.

MM. Oumar Sylla et Mamadou Billo Bah sont poursuivis pour avoir, sur les réseaux sociaux, “produit et diffusé par le biais d’un système informatique des propos injurieux contre le Conseil national de transition (CNT)”, le Parlement de transition mis en place par la junte, avait expliqué mardi le procureur de la cour d’appel de Conakry, Alphonse Richard Wright, sur une radio locale.

Le rappeur Djanii Alfa avait, lui, récemment critiqué des propos du président du CNT, avant d’être menacé d’arrestation par le procureur, selon sa défense. M. Sylla avait critiqué ces menaces présumées du procureur sur sa page Facebook.

Leur arrestation musclée a provoqué entre mardi et jeudi des manifestations à Conakry lors desquelles 17 policiers ont été blessés, selon la police.

Les trois hommes ont été violemment interpellés mardi par la police au siège de leur coalition, a constaté un journaliste de l’AFP. MM. Sylla et Bah ont été battus et leurs vêtements déchirés par des policiers.

Une grande partie de la classe politique a condamné leur arrestation et s’est indignée de la méthode.

Le chef de la junte, le colonel Doumbouya, s’est engagé à remettre le pouvoir à des civils élus dans un délai de trois ans.

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a rejeté le 3 juillet ce délai, lors d’une réunion à Accra, sans annoncer de nouvelles sanctions contre la Guinée, déjà suspendue des organes de l’organisation.

par DakarActu